L'Album Ōkuma

L’album acquis par le musée en 2024 est composé de 10 pages cartonnées avec serpentes, 24 tirages sur papier albuminé, dont 20 sont mis en couleurs à l’aquarelle. Reliées par un dos de cuir récemment restauré, les planches comportent une tranche dorée. La couverture de l’album est réalisée en carton revêtu de soie à décor de chrysanthèmes et figures géométriques. En tête de l’album, figure un ex-dono manuscrit : « Monsieur Albert Kahn // Le Comte Okuma ».

 

Une attribution au photographe et éditeur japonais Ogawa Kazumasa (1860-1929) peut être avancée, bien que ni les photographies ni l’album ne soient signés. De même, celui-ci ne comporte aucune légende ni description précise des scènes.

 

Photographe, imprimeur, éditeur formé aux États-Unis, importateur du procédé de la phototypie au Japon, Ogawa Kazumasa est un artiste et entrepreneur fécond, par ailleurs proche du pouvoir japonais. Son studio, créé en 1889, édite en effet sous forme de tirages ou de phototypies les photographies produites par le service de photographie de l’armée impériale du Japon pendant la guerre sino-japonaise (1894-1895) alors que lui-même est chef de ce service, service capital dans la stratégie d’influence du Japon pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905).

Une attribution au photographe et éditeur japonais Ogawa Kazumasa (1860-1929) peut être avancée, bien que ni les photographies ni l’album ne soient signés. De même, celui-ci ne comporte aucune légende ni description précise des scènes.

Photographe, imprimeur, éditeur formé aux États-Unis, importateur du procédé de la phototypie au Japon, Ogawa Kazumasa est un artiste et entrepreneur fécond, par ailleurs proche du pouvoir japonais. Son studio créé en 1889 édite en effet sous forme de tirages ou de phototypies les photographies produites par le service de photographie de l’armée impériale du Japon pendant la guerre sino-japonaise (1894-1895) alors que lui-même devient chef de ce service, capital dans la stratégie d’influence du Japon, pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905).

L’album donne à voir des vues intérieures et extérieures de la propriété du comte Ōkuma dans le quartier de Waseda à Tokyo et consacre le chrysanthème comme sujet majeur. Cet album peut également être rapproché d’autres production d’Ogawa Kazumasa qui a abondamment représenté la flore, dont le symbolisme est une part essentielle de la culture nippone, dans des recueils de phototypies tels que Some Japanese flowers, édité en 1896. L’album est organisé en trois parties ; la première est consacrée à des vues représentant des parterres et pots de chrysanthèmes (15 vues) ; la seconde est dédiée à l’aménagement intérieur de la demeure (4 vues) ; enfin, des images représentent l’extérieur, avec la demeure et l’aménagement du jardin (5 vues).

Comme l’indique la dédicace manuscrite, ou ex-dono, en tête de l’album, celui-ci est probablement un présent offert au banquier par le comte Ōkuma. Fondateur de l’université impériale de Waseda, homme d’état japonais de premier plan puisque ce dernier fut plusieurs fois ministre et deux fois Premier ministre, le comte partageait avec Albert Kahn une profonde communauté de pensée. Loin de ne voir le Japon que comme une terre d’élection pour ses affaires, Kahn y étend en effet, en 1906-1907, de manière encore informelle, le principe des bourses de voyage Autour du Monde

 

Les circonstances de remise de l’album à Kahn ne sont pas documentées. Celle-ci a pu se dérouler lors d’un de ses trois voyages dans le pays (1896, 1897, 1908-1909). On sait, grâce aux écrits du comte Ōkuma, que ce dernier a rencontré Kahn à chacune de ses visites. L’album aurait pu lui être offert lors de son voyage autour du monde (1908-1909) au cours duquel plusieurs rencontres entre Kahn et le comte Ōkuma ont été organisées et qui auraient pu donner lieu à la remise de cet album comme présent, notamment à l’occasion de sa réception à l’université Waseda ou lors des visites au domicile du comte ou dans sa résidence de campagne.