Une brève histoire des lieux

La renaissance du musée Albert-Kahn est l’aboutissement d’une démarche de patrimonialisation progressive du site engagée dès la fin des années 1930.

Aux origines : le « campus » d’Albert Kahn

À la fin du XIXe siècle, Albert Kahn, alors en pleine ascension professionnelle, s’établit dans un quartier résidentiel et verdoyant de Boulogne-sur-Seine, où la famille Rothschild s’est déjà installée.

En 1895, il achète le bel hôtel particulier en brique et pierre qu’il louait depuis deux ans et dont il avait fait orner les abords dès son arrivée. De 1895 à 1920, il acquiert patiemment les parcelles avoisinantes et constitue ainsi une propriété de 4,2 hectares pour y réaliser un jardin reflétant son idéal, celui d’un monde en harmonie.

 

La propriété de Boulogne, est, dès l’origine, l’épicentre du projet hors norme d’Albert Kahn :

  • lieu de vie et de sociabilité privée,
  • siège de certaines de ses fondations et de la Société des boursiers Autour du Monde,
  • base arrière et laboratoire des Archives de la Planète,
  • laboratoire de biologie de Jean Comandon,
  • imprimerie,
  • centre de documentation, 
  • jardin à scènes paysagères et salle de projection où sont accueillis les invités du banquier pour des promenades et conférences au service de son projet d’influence.

L’après-Kahn

Après la faillite d’Albert Kahn, ruiné par la crise boursière de 1929, les jardins et les collections d’images, ainsi qu’une partie du matériel du laboratoire sont rachetés à partir de 1936 par le département de la Seine, qui laisse au mécène ruiné la jouissance de sa maison jusqu’à sa mort le 13 novembre 1940. Les jardins sont ouverts pour la première fois au public en 1937, à l’occasion de l’Exposition internationale. Le site voit en 1938 la mise en place de la phototèque-cinématèque de Boulogne, qui sert de vivier d'images à certains grands noms du cinéma, tel Abel Gance pour son film "J'accuse".

 

En 1968, le département des Hauts-de-Seine, nouvellement créé, devient propriétaire des jardins et des collections. C'est vers 1975 que voit le jour un programme d'étude et de valorisation des collections. Sous la direction de Jeanne Beausoleil, l'ensemble devient musée départemental en 1986 puis accède au statut "musée de France".

D’importants travaux de restauration des jardins sont alors engagés, s’appuyant en particulier sur la riche collection des autochromes représentant la propriété de Boulogne à l’époque d’Albert Kahn. La première galerie d’exposition (aujourd’hui intégrée au nouveau musée), conçue par l’architecte Gérard Planes, est inaugurée en 1990, ainsi que le jardin japonais contemporain, œuvre du paysagiste Fumiaki Takano.

Vers le nouveau musée

Au tournant des années 2010, sous l’impulsion de Patrick Devedjian, président du Département des Hauts-de-Seine, un ambitieux projet de restructuration et d’agrandissement du musée est engagé par le département.

 

La rénovation a pour objectif d’améliorer les conditions de conservation et de valorisation des collections, en particulier par la création d’un parcours permanent de visite, et de remettre à niveau les conditions d’accueil du site qui reçoit déjà près de 120 000 visiteurs par an en moyenne.

 

Le concours d’architecture du nouveau musée est remporté par l’architecte japonais Kengo Kuma en 2012 et les travaux démarrent en 2015, année de l’inscription du site au titre des monuments historiques.

 

Aujourd’hui, le nouveau musée départemental Albert-Kahn s’inscrit au cœur du riche maillage culturel de la Vallée de la Culture des Hauts-de-Seine, aux côtés des grands équipements départementaux comme la Seine musicale, la future Cité des Métiers d’art et du Design (Sèvres, ouverture 2022) et du Musée du Grand Siècle (Saint-Cloud, ouverture 2025).