Table ronde : Foliating Memories - réseaux de mémoires de l’empoisonnement du monde avec Kim Doan Quoc
Dimanche 26 avril

Dans le cadre de la résidence de l'artiste plasticienne Kim Doan Quoc, le dimanche 26 avril 2026 dans l’auditorium du Musée Albert Kahn se tiendra le séminaire “Foliating Memories : réseaux de mémoires de l’empoisonnement du monde”. En dialogue continu entre les sciences, les arts et les activismes il sera proposé de questionner la situation du “déjà-là” de l’empoisonnement du monde et des possibles qu’il nous reste pour y résister.
Dans un monde en proie à l’accroissement de risques écologiques et écocidaires, le projet “Foliating Memories” à la croisée des arts et des sciences, vise à offrir des clefs de compréhension et à contribuer à nous outiller pour y faire face.
Foliating Memories est un espace de repos et d’information à habiter : des assises, des meubles, un ensemble d’objets domestiques qui composent une “maison” habitable. Cet espace invite à partager et à éprouver ensemble la pluralité des mémoires qu’il rassemble. Cette multiplicité permet d’interroger le rapport à la véracité scientifique et de fissurer le monolithe du récit de la guerre.
Au cœur de cette exposition, se tiendra un séminaire afin de discuter notamment de l’empoisonnement dans les corps comme dans les terres causé par les épandages d’agent orange de la Deuxième Guerre d’Indochine (1955-1975). Cet empoisonnement du vivant sur le long terme n’a pas fini d’entraîner de graves conséquences à travers le temps comme à travers l’espace et de mobiliser de nombreuses personnes affectées par cet écocide au Việt Nam mais aussi en France.
Par effet d’écho, les risques écologiques et écocidaires introduits par l’agriculture, la guerre, le colonialisme, l’impérialisme et plus généralement la modernité sont des risques partagés et mondialisés qui contamine le vivant dans son ensemble. C’est pourquoi ce séminaire propose d’ouvrir la discussion des empoisonnements du monde également depuis d’autres espaces mais aussi depuis d’autres pratiques.
Intervenants
Zola Chichmintseva-Kondamambou
Zola Chichmintseva-Kondamambouest une curatrice et une médiatrice culturelle travaillant à l'intersection des cultures afro-diasporiques et des espaces anciennement sous dominination soviétique décortiquant le regard (dé)colonial sur les cultures, les mémoires et les langues. Transdisciplinaires, ses approches et projets prennent la forme de débats d'idées et d'échanges, de mise en archive d’histoires orales, et d’expositions. Le travail de Zola prend appui sur les histoires coloniales, leurs diffusions et leurs implications afin d'interroger nos réalités politiques et culturelles contemporaines.
Diplômée de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et de Sciences Po Strasbourg, Zola a collaboré avec Manifesta, the European Nomadic Biennial, la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, la Gaîté Lyrique, la Maison de la Culture d'Amiens en lien avec le collectif Beyond the post-soviet, l'Institut français et la Maison des Mondes Africains.
Marvin Freyne
Marvin Freyne est doctorant en anthropologie et en géographie au sein du Ceped (Centre Population et Développement) à l’Université Paris Cité. Ses travaux de recherche s’intéressent aux formes de mobilisation sociale au Viêt Nam et en France autour des conséquences à long terme de l’utilisation de l’agent orange pendant la Deuxième Guerre d’Indochine.
Il analyse les trajectoires des victimes, les dynamiques mémorielles et les luttes pour la reconnaissance et la réparation, en croisant les approches ethnographiques et géographiques.
Marvin Freyne collabore avec Kim Doan Quoc autour du projet Foliating Memories.
Kim Doan Quoc
Kim Doan Quoc travaille à l'intersection de l'installation, de la vidéo et de la performance. Son oeuvre traite de la relation entre l'humain et les écosystèmes, abordant les ravages des écocides perpétrés pendant les guerres dans des récits stratifiés, entre mythes anciens, comme la légende de Giòng, héros mythique vietnamien, et histoires de résistance. Ses installations associent matières organiques, textiles, bois et métal, suscitant une réflexion sur le vivant et l'exploitation coloniale, ce que Malcom Ferdinand appelle "l'alchimie des maîtres".
L’artiste mobilise également la notion de « safe space», pour aborder les thèmes de la justice sociale, de l'écologie et du bien-être collectif. Son travail fusionne technologie, nature et interactions humaines, créant des espaces hybrides activés par des performances et des discussions. Kim invite ainsi le public à se reposer -littéralement - dans ses pièces pour réfléchir collectivement à nos existences communes dans un monde en constante évolution.