Choisir la paix. Le combat d’Albert Kahn (1860-1940)
Exposition du 13 octobre 2026 au 13 juin 2027
Comment défendre la paix dans un monde traversé par les guerres ? À travers le parcours singulier d’Albert Kahn, banquier philanthrope et visionnaire, cette exposition raconte le combat d’un homme convaincu que la connaissance, le dialogue et la rencontre entre les peuples peuvent contribuer à une paix durable. Ses convictions se confrontent aux réalités de son époque, marquée par les guerres, les ambitions nationalistes et la fragilité des institutions internationales. Photographies, films, œuvres contemporaines et documents d’archives éclairent les grands bouleversements du XXe siècle et interrogent, aujourd’hui encore, notre rapport à la paix.

Présentation
Pour Albert Kahn, l’harmonie du monde repose sur la connaissance et l’entente entre les peuples. Entre 1898 et 1929, le banquier crée plusieurs fondations, qui frappent aujourd’hui par leur modernité : les bourses Autour du Monde, qui anticipent le programme Erasmus ; les Archives de la Planète, vaste inventaire visuel déployé à partir de 1912 dans une Europe au seuil de la Première Guerre mondiale ; ou encore le Comité national d’études sociales et politiques, véritable think tank avant l’heure.
Cette diversité traduit son engagement : celui d'un homme persuadé que la justice, le droit, la connaissance et le dialogue entre les nations sont les conditions d'une paix durable. Son itinéraire de pacifiste se construit au fil des débats qui animent la IIIe République et des conflits qui la traversent : guerre franco-allemande de 1870, Première et Seconde guerres mondiales.
En transmettant l’héritage d’Albert Kahn, le musée contribue ainsi à faire vivre une œuvre qui, bien au‑delà de son époque, continue d’inspirer notre rapport au monde et à l’altérité, et de nourrir une réflexion citoyenne sur les conditions d’une paix juste et durable.
L’exposition est largement fondée sur les collections du musée (photographies autochromes et noir et blanc, films, archives et objets), dont certaines de ses pièces majeures, comme le film En dirigeable sur les champs de bataille de Lucien Le Saint, récemment numérisé en haute définition à partir des bobines originales. D’autres oeuvres sont présentées pour la première fois, tel que le mobilier de la Société Autour du monde, association des bénéficiaires des bourses de voyage créées par Albert Kahn, ou le seul écrit signé par le mécène, Des droits et devoirs des gouvernements.
Elle s’enrichit de nombreux prêts patrimoniaux (œuvres d’arts graphiques, peinture, sculpture, archives et documentation) d’institutions comme le musée de l’Armée, le musée Rodin ou la Contemporaine. Le parcours d’exposition s’ouvre ainsi sur une toile monumentale du peintre Edouard Detaille, et se clôt sur un marbre de Rodin, L’illusion, sœur d’Icare, un marbre de Rodin ayant appartenu à Albert-Kahn, de retour à Boulogne pour la première fois depuis la ruine du banquier.
Les œuvres contemporaines de Charles Fréger, Laurent Grasso, Calvin Marcus, Yan Morvan, Sophie Ristelhueber, Société réaliste, François Vermot et Luke Watson viennent répondre à ce corpus historique, révélant les résonances des sujets évoqués dans le monde d’aujourd’hui.
Une commande auprès de l’artiste Laurence Aëgerter, une tapisserie en trois volets inspirée de d’autochromes de la collection, évoque le jardin d’Albert Kahn et la métaphore d’un monde réconcilié.
L’œuvre a été réalisée avec le soutien de l’association des Amis du musée Albert-Kahn et du fonds Mondriaan pour la création contemporaine (Pays-Bas).

Le parcours
À travers un parcours chrono-thématique en cinq parties, ponctué de 250 œuvres et documents, l’exposition retrace la vie d’Albert Kahn et éclaire son engagement en faveur de la paix dans le contexte historique de 1870 à 1940.
Des dispositifs immersifs et spectaculaires via la projection de films en grand format invitent les spectateurs à traverser le XXe siècle aux côtés des opérateurs, et faire l’expérience d’événements historiques sans précédents. Le parcours famille, ludique et pédagogique, est également déployé à hauteur d’enfant.

1. Aux origines d'un engagement (1870-1898)
En présentant l’enfance d’Albert Kahn, marquée par la guerre, puis ses études à Paris, cette section retrace la construction progressive de sa pensée pacifiste.
2. Une fortune au service d'un projet pacifiste (1898-1913)
Cet espace évoque les différentes fondations philanthropiques créées par Albert Kahn, soucieux d’agir en faveur de la paix.
3. Un idéal à l'épreuve de la guerre (1914-1918)
Face à la guerre, le businessman affirme sa position pacifiste en poursuivant ses actions : œuvre de bienfaisance, documentation des zones de guerre et écrits en faveur de la création d’organes supranationaux dans l’idée de reconstruire une Europe en ruine et prévenir les conflits.
4. Dialogues d'un monde en recomposition (1919-1929)
Cette quatrième section explore les failles du Traité de Versailles et les tentatives de reconstruction à travers différents pactes et traités.
5. Crépuscule d'une vie, persistance d'un projet (1929-1940)
Malgré les multiples tentatives de préservation et de transmission, le maintien de la paix est fragilisé. Albert Kahn meurt en 1940, au moment où l’Europe sombre à nouveau dans la violence. Ses idéaux et son œuvre persistent aujourd’hui, réaffirmant la pertinence de son projet pacifiste.
Épilogue, ouverture
Le parcours s’achève sur la commande monumentale de l’artiste Laurence Aegerter et des interviews filmées de spécialistes, éclairant l’héritage de Kahn. Un dispositif participatif invite également les visiteurs à évoquer leur vision de la paix.

Le catalogue de l’exposition
Co-édité par le musée départemental Albert-Kahn et les Éditions courtes et longues
Marie Lamassa, Aline Muller et Clément Poché (dir.)
192 pages
28 €
À paraître le 2 octobre 2026
Commissariat de l’exposition :
Marie Lamassa, chargée de collections, musée départemental Albert-Kahn
Aline Muller, chargée de collections, musée départemental Albert-Kahn
Clément Poché, chargé d’expositions, musée départemental Albert-Kahn
Assistés de Lysa Le Brière , chargée de régie et de production des expositions, musée départemental Albert-Kahn
Prêteurs :
Musée de l'Armée-Invalides (Paris), La Contemporaine : bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains (Paris), Musée Rodin (Paris), Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine), Cité de l'architecture et du patrimoine (Paris), Archives municipales de la ville de Boulogne-Billancourt, Musée municipal de l’école de Nancy -Villa Majorelle, Galerie Poggi (Paris), Karma Gallery (New York), Collections privées
Scénographie : Atelier HOZE, Zeenat Hoang et Chengcheng Chii
Graphisme : Agence SABIR, Sophie Perrin et Marco Maione
Construction et agencement : SED
Signalétique : Oeil de Lynx
Conception lumière et réalisation lumière : AURA et SPECTRE Æ
Conception audiovisuelle et multimédia : Cantarane
En partenariat avec
L’Association des Amis du musée départemental Albert-Kahn, qui a contribué à la commande de l’œuvre de Laurence Aëgerter, Steps in Peace.
La Cité internationale universitaire de Paris, dont une programmation conjointe de visites croisées et de conférences enrichira l'exposition.
Le Fond Mondriaan, qui a contribué à la commande de l’œuvre de Laurence Aëgerter, Steps in Peace.