Natures Vivantes

Images et imaginaires des jardins d’Albert Kahn

Exposition du 30 avril au 31 décembre 2024

L’exposition met en lumière la passion du banquier philanthrope pour le végétal à travers les milliers d’images réalisées dans ses jardins de Boulogne et du Cap-Martin, présentées en regard d’œuvres historiques et contemporaines.

Dans les trente premières années du XXe siècle, Albert Kahn fait produire des milliers d’images de ses deux jardins, celui de Boulogne et celui, aujourd’hui disparu, de sa résidence méditerranéenne de Cap-Martin. Ces films et photographies révèlent l’amour que porte le mécène à ses créations horticoles. L’autochrome restitue la splendeur des couleurs des fleurs et prolonge les expérimentations des pionniers de la photographie, le cinématographe capte les mouvements des branches dans le vent, les travaux des jardiniers, les déambulations des invités dans ces paradis végétaux.

L’intérêt d’Albert Kahn pour le monde végétal est aussi d’ordre scientifique, comme l’attestent les vues animées de croissance de plantes en accéléré du docteur Jean Comandon, réalisées dans le laboratoire de Boulogne à la fin des années 1920.

 

Cette sensibilité pour le vivant est au cœur de l’exposition et nourrit le travail d’artistes contemporains dont les œuvres - certaines ont été créées pour l’occasion - dialoguent avec le patrimoine photographique et végétal du musée départemental Albert-Kahn.

 

Découvrez ces multiples représentations des jardins au fil d’un parcours riche et foisonnant, mêlant photographies, films, objets, archives et œuvres contemporaines. Cette déambulation sensible et pédagogique, dont la scénographie est signée par Studio Matters, se déploie en sept scènes, du site disparu de Cap-Martin aux perspectives contemporaines du jardin de Boulogne.

L’exposition en images

Les parties de l'exposition

1. Souvenir d'un jardin disparu

Entre 1897 et 1925, Albert Kahn fait l’acquisition de quatorze parcelles de terrain sur la péninsule de Cap Martin entre Menton et Monaco. Il y implante un jardin de sept hectares autour de trois villas. Près de 2220 autochromes (photographies en couleurs sur plaque de verre) seront produites entre 1910 et 1930. Les images témoignent aussi du séjour d’étudiants internationaux, d’invités de prestiges, ainsi que du peintre Mathurin Méheut qui s’en inspira. Festival de formes et de couleurs, Cap-Martin accueillit la fine fleur de l’horticulture de l’époque que l’on sait éblouie par ces jardins dit mexicains, africains ou encore brésiliens.

 

 

 

 

 

4. L'éclosion des couleurs

Les premières représentations photographiques de plantes sont monochromes. Au temps des daguerréotypes, comme à l’heure des papiers albuminés monochromes, les fleurs, comme les visages, sont colorisés. La retouche permet de restituer leur éclat et par là leur vitalité. Quelques décennies plus tard, le motif floral, tel celui du bouquet, deviendra un sujet récurrent dans l’iconographie des pionniers de la photographie et du film couleur.

 

7. En dialogue avec le jardin et ses images

L’attention et le soin portés au végétal, tout comme les enjeux de préservation de la biodiversité, sont au cœur des propositions d’artistes contemporains invités à élaborer ou présenter une œuvre en dialogue avec le jardin de Boulogne. Un tour du marais avec la vidéo de Lia Giraud et les nymphéas de la pièce de Baptiste Rabichon et Fabrice Laroche ; un passage par les plantes photosensibles d’Almudena Romero et nous revoilà dans la forêt vosgienne, avec les compositions de Kristof Vrancken et de Terri Weifenbach, qui renouent avec les natures vivantes d’Albert Kahn.

2. Jardiner, photographier, filmer

Parmi les milliers d’images fixes et animées des jardins de Boulogne et de Cap-Martin figurent quelques clichés montrant les jardiniers. Les images exaltent le gigantisme des travaux, en particulier ceux de transplantations. Elles dressent aussi des portraits de ceux qui, travaillant à la main, le dos courbé vers la terre, prennent soin du jardin. Les films et les photographies noir et blanc capturent le travail en mouvement, tandis que le temps de pose plus lent des autochromes est idéal pour les portraits posés, tels ceux des jardiniers soldats qui prennent la pose le temps d’une permission. Le jardin et ses outils sont aussi des motifs fréquents au temps des inventeurs de la photographie et du cinéma, d’Hippolyte Bayard aux frères Lumière

 

5. Les plantes animées

Avec les techniques de l’agrandissement ou de l’accélération, le cinématographe permet la manipulation du temps et de l’espace. À la suite des expérimentations du botaniste Wilhelm Pfeffer et du naturaliste Percy Smith, le docteur Jean Comandon, amoureux de la nature et pionnier du cinéma scientifique, invente dans les années 20 plusieurs dispositifs permettant de rendre perceptibles des phénomènes invisibles à l’œil nu. Avec la technique du « time lapse », les végétaux sont filmés à très lente cadence mais sur de longues durées : ils cessent d’être immobiles et s’animent.

 

 

 

3. Au théâtre du jardin

Collection d’essences provenant des quatre coins de la planète, le jardin boulonnais d’Albert Kahn offre une métaphore paysagère d’un monde en paix dans lequel dialoguent les cultures. À partir de 1894, et durant plus de trente ans, cet écrin de nature s’élabore au fil d’acquisitions successives de parcelles mitoyennes et au gré d’investissements considérables. Conçu à l’origine sur le modèle des jardins dits « de scènes », ce jardin de quatre hectares est la première grande œuvre du banquier aux inspirations en partie autobiographiques, tirées de ses voyages comme de son enfance alsacienne 

 

 

 

 

 

 

 

6. Le laboratoire de la vie

Espace privé de délectation, le jardin de Boulogne n’en est pas moins ouvert sur le monde. Véritable « jardin-société », il accueille plusieurs des fondations d’Albert Kahn, dont l’association des boursiers Autour du Monde ou les Archives de la Planète. À l’été 1920, le physiologiste indien et inventeur de la chronobiologie Sir Jagadish Chandra Bose est invité au Cercle Autour du Monde. Il y expose ses idées sur les émotions des plantes. Ses recherches semblent avoir séduit Albert Kahn, adepte de la pensée bergsonienne de « l’élan vital ». En 1927, le mécène accueille à Boulogne le laboratoire de Jean Comandon, après avoir acquis deux de ses films.  

Un parcours famille

L’exposition propose aux familles un parcours incitant à la découverte d’essences végétales : chrysanthème, campanule ou encore agave jalonnent le cheminement des petits et grands. Avec des cartels ludiques les plantes prennent la parole pour encourager l’observation et la découverte des collections du musée, d’objets patrimoniaux ainsi que d’œuvres d’artistes contemporains. Grâce à des manipulations interactives, réalisez un time-lapse à la manière du docteur Jean Comandon ou encore découvrez les secrets de fabrication des plaques autochromes et des bobines de film, à partir de simples ingrédients comme la pomme de terre et le coton. Avec son graphisme remarquable, le parcours famille vous guide dans les différentes sections de l’exposition et favorise son exploration.

 

L' exposition en quelques chiffres :

CAP MARTIN :

  • 2 220 plaques autochromes realisees entre 1910 et 1930
  • 4h41 de films entre 1912 et 1930

BOULOGNE :

  • 2 890 plaques autochromes
  • 2h28 de films entre 1910 et 1932

LABORATOIRE DE BIOLOGIE :

  • 17 films de Jean Comandon soit 4 000 mètres de films entre 1928 et 1931 et 2 films aquis à Pathé

Commissariat de l’exposition :

Commissaire générale: Luce Lebart

Chargé d’exposition: David-Sean Thomas

Scénographie et graphisme : Studio Matters

Joris Lipsch, Floriane Pic, Clément Azaïs,

Ingrid Coulmeau Corallo

 

Catalogue de l'exposition

Natures vivantes, Images & jardins d’Albert Kahn
 
Une coédition Musée départemental Albert-Kahn – Atelier EXB
sous la direction de Luce Lebart

 

Cet ouvrage collectif propose une déambulation poétique dans les collections d'images fixes et animées du musée Albert-Kahn en dialogue avec le jardin à scènes paysagères de Boulogne et le jardin disparu de Cap-Martin, résidence méditerranéenne d’Albert Kahn.

200 photographies environ (autochromes, photogrammes, illustrations, photographies couleur, noir et blanc)

 

 

 

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