©Jin Tian

Du 29 juin au 19 septembre, venez découvrir dans le jardin du musée l’exposition de photographies contemporaines de Jin Tian, Charles Delcourt et Isabeau de Rouffignac, lauréats 2021 des Rencontres photographiques des Amis du Musée Albert-Kahn. 

Organisées à Boulogne-Billancourt depuis 2017 par l’Association des Amis du musée, les Rencontres Photographiques ont pour ambition de promouvoir la photographie documentaire et l’engagement des photographes dans des valeurs d’ouverture sur le monde et de dialogue entre les cultures.

Le jury, regroupant 50 experts et présidé par Pascal Beausse, Responsable de la collection photographie du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), a désigné les finalistes et parmi eux les trois lauréats 2021, récompensés chacun par une bourse de 6000€.

Les lauréats 2021 succèdent à Pierre Faure (2018), Matthieu Chazal et Patrick Wack (2019), Julie Franchet, Yulia Grigoryants et Aleksey Myakishev (2020). 

Présentation des lauréats

CHARLES DELCOURT

Eigg est une île minuscule des Hébrides intérieures située sur la côte ouest de l’Ecosse devenue célèbre suite au rachat par ses habitants en 1997. Ceux-ci ont décidé de reprendre leur destin en main en créant un modèle d’autogestion citoyenne dynamique et original au bilan plus que positif.

L’un des premiers travaux de la communauté a été la construction d’une jetée permettant de relier l’île au reste du pays. Puis en 2008, les insulaires réalisent une première mondiale en construisant un réseau énergétique autonome qui combine à la fois les énergies solaires, éoliennes et hydro-électriques. 

En 24 ans, la population a doublé grâce aux retours des jeunes et à l’installation de nouvelles familles le long de l’unique route de l’ile et désireuses de s’impliquer dans ce nouveau modèle de société. Eigg compte aujourd’hui 120 personnes d’âges, de parcours et d’origines différents qui partagent leur amour et leur respect pour l’île.

L’école a été ré-ouverte, des activités variées ont vu le jour (brasserie, équipements touristiques, vannerie, festivals de musique, résidences artistiques, etc.), un projet de reforestation est en cours.

Ce travail photographique est une réflexion sur un mode de vie, un exemple rare de communauté autogérée. C’est un portrait pluriel d’une microsociété sympathique qui évolue à contre-courant des modèles sociétaux "classiques", dans la poursuite de ses idéaux écologiques.

JIN TIAN

Poursuivant son travail sur les laissés-pour-compte de la Chine contemporaine, Jin Tian, alias JT, lance en 2016 la série Curse of the wind. A history of leprosy in China (Les démons du vent. Une histoire de la lèpre en Chine).


Selon les chiffres officiels de la République Populaire de Chine, il y avait plus de 500 000 lépreux dans le pays en 1956. Le gouvernement chinois ayant alors instauré une politique de quarantaine à grande échelle pour contenir la propagation de la maladie, des centaines de milliers de malades ont été isolés dans les montagnes et les îles, livrés à eux-mêmes pour le reste de leur vie.

Du fait de leur long isolement, ces « villages de lépreux » ont connu un important sous-développement économique accentué par l’absence d’accès à l’éducation et à la santé publique.

Leurs habitants ont subi une discrimination sévère en raison de la terreur inspirée par leur maladie, les obligeant à se retirer de la société. Entre 1950 et 2001, une loi interdisait tout droit au mariage ou à la parentalité aux personnes lépreuses, entrainant un vieillissement accéléré de cette population et une désertification de leurs villages. Ce chapitre historique touche à sa fin.

JT a ainsi photographié 51 « villages de lépreux » dans neuf provinces chinoises, en collectant également des centaines de documents personnels et institutionnels, témoignages de la ségrégation imposée encore aujourd’hui aux lépreux.

ISABEAU DE ROUFFIGNAC

Marbre à tout prix raconte les conditions de travail difficiles des mineurs dans les carrières de marbre au Rajasthan en Inde. L’Inde est l’un des plus importants exportateurs de marbre au monde, le Rajasthan fournissant à lui seul 90 % du marbre exporté. Les carrières à ciel ouvert s’étendent à perte de vue, créant de gigantesques escaliers blancs creusées dans la roche sur plus de trois cents mètres de profondeur.

Représentant la moitié des emplois du Rajasthan, l’exploitation extensive du marbre a pour conséquence la disparition des terres agricoles, bouleversant les modes de vie. La poussière de marbre, en se déplaçant et en se déposant menace la santé des habitants des alentours et transforme profondément le paysage de la région.

Les mineurs ont rarement un équipement de sécurité, leur port n’étant pas obligatoire : ils sont vêtus de leurs vêtements quotidiens et souvent chaussés de sandales. Les conditions sanitaires sont dévastatrices pour les mineurs, les accidents sont fréquents et les salaires insuffisants. En 2016, une étude a évalué qu’un mineur sur deux sera un jour atteint de silicose ou de silico-tuberculose, une maladie respiratoire incurable provoquée par l’inhalation de particules de poussière, soit plus de 800 000 personnes.

Les Rencontres Photographiques des Amis du Musée départemental Albert-Kahn bénéficient du soutien du Département des Hauts-de-Seine.

En savoir plus :


Exposition des lauréats 2021 des Rencontres Photographiques de l’association des Amis du Musée départemental Albert-Kahn 
Jusqu'au 19 septembre
Compris dans le billet d’entrée

Pour aller plus loin :

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