Image de synthèse du projet de rénovation © Kengo Kuma & Associates

L'architecte japonais Kengo Kuma a élaboré un projet ambitieux et respectueux du patrimoine existant. C'est par le lien unique entre les bâtiments anciens et nouveaux et les jardins que l'alchimie opère.

Le projet de Kengo Kuma a été choisi le 29 octobre 2012, dans le cadre d’un concours, parmi cinq propositions émanant d’architectes de renommée internationale. Le jury, composé d’élus, d’architectes et de personnalités compétentes dans le domaine patrimonial, a été séduit par l'approche innovation de l'architecte japonais.

Kengo Kuma accorde une place essentielle à la nature. Il s’efforce d’intégrer de façon harmonieuse ses constructions dans le paysage, entrant ainsi pleinement en résonance avec la réalité du site de Boulogne-Billancourt. L’oeuvre de l’architecte se définit également comme une synthèse entre Orient et Occident. Il cherche à réactualiser sans passéisme de nombreuses techniques traditionnelles, plus en accord, selon lui, avec l’environnement.

Un bâtiment comme symbole


A l’extérieur, le nouveau musée, aligné au sud sur la rue du Port s’inscrit comme prolongement de la place du rond-point Rhin et Danube.
Le bâtiment prend sa forme d’abord dans l’expression d’une grande toiture qui recouvre et unifie le projet, exprimant une dynamique qui se retourne en façade comme un origami. La façade côté ville se compose de lames d’aluminium ondulant qui donnent à entrevoir l’activité du musée. Le jour, cette peau tridimensionnelle anime à l’intérieur les espaces d’expositions ; la nuit, le bâtiment devient lanterne. Le métal signale la présence du musée à la rue et les lignes qu’il dessine renforcent l’unité du projet avec le mur d’enceinte et le bâtiment de l’ancienne galerie réhabilitée.
Une entrée claire et déjà urbaine, entraine le visiteur à passer par un jeu de rampe en sous-face des galeries, de la rue du Port à la place haute. Il s’agit pour le musée-jardin d’inviter et de s’inviter à la ville.

Une communion avec le jardin


Une fois passée l’entrée, un nouveau vocabulaire architectural se déploie. Le jeu subtil d’écrans en bois et aluminium rythme la façade intérieure, en dynamise les lignes, tout en lui conférant un aspect organique en communion avec le jardin. Le projet donne forme au dialogue entre bâtiment et jardin par un travail non sur l’un ou l’autre, mais sur l’entre-deux, au travers d’un élément emprunté à l’architecture traditionnelle japonaise : l’Engawa.
Cet espace limitrophe entre intérieur et extérieur fait à la fois office d’espace de distribution et de contemplation.
La réinterprétation de cet élément qui se développe sur l’ensemble des bâtiments en un fil de bois et de métal permet de tisser un lien entre les différents éléments du site. Il forge une identité à l’ensemble et lui redonne une lisibilité, affirmant la cohérence de sa composante muséographique avec le jardin.
Ainsi c’est l’élément conceptuel fort du projet autour duquel se lient les thèmes qui font l’identité du site : Japon, jardin, collections ; un dialogue qui respecte et fait sens avec l’héritage intellectuel d’Albert Kahn et son aspiration à un monde réconcilié.
Le nouveau bâtiment de 2 300 m, favorisant à la fois la déambulation et la contemplation du jardin, abritera le parcours permanent, les expositions temporaires, le centre de ressources documentaires, l’espace découverte pour les familles, la librairie-boutique, et le restaurant - salon de thé.
Les bâtiments existants, eux-mêmes chargés d’histoire, seront dans une large mesure ouverts au public : la salle des plaques, les ailes latérales de la serre et sa terrasse, la salle de conférence et la grange vosgienne. Ils seront traités avec le plus grand respect pour la qualité et la cohérence du patrimoine historique légué par Albert Kahn. La muséographie tiendra compte de la contrainte de refaire « l’histoire en son lieu même ». Les volumes et les installations d’origine resteront lisibles.

Kengo Kuma, un regard contemporain sur la tradition architecturale japonaise

Né en 1954, Kengo Kuma suit des études d’architecte et d’ingénieur à l’université de Tokyo. Il obtient son diplôme en 1979.

En 1987, il ouvre un cabinet de design et, en 1990, il fonde son cabinet d’architecture, Kengo Kuma & Associates. En 1997, il gagne le prestigieux prix de l’Institut architectural du Japon.
Son oeuvre se présente avant tout comme une critique des académismes, des formalismes et de toute complaisance au style et à la mode.

Quelques réalisations récentes : le FRAC de Marseille, le Conservatoire de musique et de danse d’Aix-en-Provence, le nouveau stade olympique de Tokyo 2020et la station métro Saint-Denis – Pleyel.

 

 

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