Trois femmes en costume, Corfou, Grèce, 1913 - Opérateur Auguste Léon © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Avant la mise en place des Archives de la Planète, Albert Kahn constitue une collection d’environ 6000 plaques stéréoscopiques noir et blanc, produites de 1908 jusqu’en 1912, au fil de ses voyages. Albert Kahn découvre l’autochrome lors de projections organisées par Jules Gervais Courtellemont en 1909. La conviction d'Albert Kahn : la connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples.

Ce fonds photographique se compose ainsi de plusieurs collections :

  • Les autochromes des Archives de la Planète ;
  • Les photographies stéréoscopiques réalisées lors de ses voyages personnels de 1908 à 1912 et celles faites dans les jardins de ses propriétés de Boulogne et de cap Martin de 1895 à 1940 ; 
  • Les filmcolors des missions en région parisienne (1936-1954) ;
  • Des fonds provenant, par dons ou achats, des opérateurs d'Albert Kahn ou de Jean Brunhes.

A la collection photographique s'ajoute la collection filmée qui représente environ 180 000 mètres de films nitrate 35 mm (soit une centaine d’heures). Pour les rares assemblages d’époque, des copies positives sont produites à partir du négatif original. 10 000 mètres de positifs nitrate existent encore. La collection se compose essentiellement des prises de vues filmées par les opérateurs cinéastes d'Albert Kahn et de montages créés dans le cadre des activités des Archives de la Planète pour la projection. Par ailleurs, sont conservés 45 minutes de films autopositifs sur procédé Keller Dorian (procédé couleur), réalisés à partir de 1929. La collection des films comprend également un fonds dédié à la science. Des expériences biologiques sont enregistrées à l’aide d’un ultramicroscope (croissance des végétaux, circulation du sang, étude de parasites…). Ce fonds résulte de l’installation du laboratoire de biologie de Jean Comandon sur le site de Boulogne, de 1927 à 1931.

Le musée possède une collection d'objets mobiliers provenant du patrimoine d'Albert Kahn et de ses villas à Cap Martin. La collection du matériel lié aux techniques photographiques et cinématographiques est particulièrement emblématique. Le matériel photographique a pu être conservé suite au rachat du domaine de Boulogne par le Département de la Seine. Le laboratoire photographique a ainsi fonctionné jusqu’à la retraite de son responsable, Georges Chevalier, en 1949.

Le matériel technique peut être organisé en trois ensembles : 

  • prise de vue (chambres, filtres, châssis…) 
  • traitement de l’image (bacs de développement, verres, égouttoirs à plaques, pupitres de retouche, ruban de montage…) 
  • diffusion de l’image (projecteurs, visionneuses…)

Les collections du jardin font partie intégrante des collections du musée 

De 1895 à 1910, Albert Kahn constitue un parc à « scènes », typique de la fin du XIXe siècle. Chaque terrain acquis est l’occasion pour Albert Kahn de composer une nouvelle scène paysagère, ornée d'objets sculptés divers (lanternes, sculptures…) :

  • le jardin français et son style « régulier », la roseraie et le verger réalisés par les célèbres paysagistes Duchêne (initiateurs du retour à la mode du jardin français) ; 
  • le jardin anglais et ses pavillons pittoresques ; 
  • le marais, entouré de la forêt bleue, est conçu comme un « jardin d’eau », et la prairie, bordée de la forêt dorée, comme un « jardin sauvage »; 
  • le jardin japonais évoque la mode du japonisme et confirme les affinités d’Albert Kahn avec le Japon ; 
  • la « scène sylvestre » dans la forêt vosgienne évoque le paysage natal du banquier.

Certaines scènes sont ponctuées de « fabriques ». Ces bâtiments animent l’ornementation du jardin :
• la serre du jardin français et son jardin d’hiver
• les pavillons du jardin anglais au décor pittoresque : le cottage rappelle le bâti traditionnel picard
• la pagode (brûlée dans un incendie en 1953), les maisons d’habitation et la cabane de thé (remplacée en 1966) dans le village japonais
• la façade de temple, les toriis et le sôrintô du sanctuaire japonais (scène remplacée par le jardin japonais contemporain).

L’ensemble est compris dans l’arrêté d’inscription au titre des Monuments historiques, pris en décembre 2015.

Toutes ces collections se complètent et forment une partie de l'héritage d'Albert Kahn qui souhaitait que son projet de progrès et de paix universelle pût entrer en résonance avec les Archives de la planète et son jardin à scènes de Boulogne.

En savoir plus : 

Près de 60 000 images sont disponibles en ligne. Explorez la collection par entrées thématiques ou en naviguant sur la carte mondiale sur le site collections.albert-kahn.hauts-de-seine.fr

 

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