Albert Kahn au Cap Martin, Avril 1927 - Opérateur Camille Sauvageot © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Banquier humaniste et cosmopolite, Albert Kahn (1860-1940) construit une œuvre scientifique, documentaire et symbolique, à la recherche de la paix, du dialogue entre les cultures et d’une nouvelle gouvernance universelle.


Né en 1860 à Marmoutier, en Alsace, au sein d’une famille juive, Albert Kahn monte à Paris à 16 ans et rejoint la banque de ses cousins Charles et Edmond Goudchaux. De 1889 à 1893, il constitue habilement une importante fortune puis monte, en 1898, sa propre banque. Ayant repris des études, il devient en 1879 le premier élève et l’ami du philosophe Henri Bergson.

Installé à Boulogne-sur-Seine à partir de 1892, Albert Kahn acquiert, de 1895 à 1920, plusieurs parcelles en vue de l’aménagement d’un jardin composé de scènes paysagères agrémentées de « fabriques » et de forêts : jardin français, verger-roseraie, jardin anglais, village japonais, forêt bleue et marais, prairie et forêt dorée, forêt vosgienne et jardin alpino-japonais.

Parallèlement à cette création végétale, Albert Kahn établit, de 1898 à 1932, une dizaine de fondations dont l’objet vise à informer les élites, les décideurs et les populations, à éclairer l’opinion et à orienter les affaires publiques.


L’expérience du voyage tient une place prépondérante


Après son périple en Extrême Orient, Albert Kahn fonde en 1898 les bourses Autour du Monde qui permettent à des jeunes étudiants de parcourir le monde. Le banquier philanthrope accueille ses fondations sur sa propriété : imprimerie, lieux de réunions assignés à la Société autour du Monde, laboratoire de microcinématographie et de biologie…

Soucieux de construire un inventaire visuel des transformations de son temps, Albert Kahn emploie sa fortune à la réalisation d’un vaste programme de documentation, Les Archives de la Planète, à partir de 1912. Une douzaine d’opérateurs sont ainsi envoyés sur le terrain dans le but d’enregistrer les réalités du monde par la photographie en couleurs (autochrome), la stéréoscopie et le film. Il en confie la direction à Jean Brunhes (1869-1930), géographe, universitaire et catholique social engagé. Les collections photographiques et filmiques dialoguent avec le jardin à scènes, émouvant monde en miniature, dans une communion atemporelle, à la faveur de l’expérience intellectuelle et sensible de chacun.

 

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