Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Jardin japonais contemporain

Vous êtes ici : Accueil › Jardin › Les différents jardins › Jardin japonais contemporain

Le jardin japonais contemporain

  • Imprimer la page
  • Envoyer à un ami

Entre tradition et modernité


En 1989, le département des Hauts-de-Seine a souhaité rendre hommage à la vie et à l’œuvre d’Albert Kahn par la création d’une œuvre paysagère contemporaine. Ce jardin japonais, conçu par le paysagiste Fumiaki Takano, est une métaphore de la vie d’Albert Kahn.

Un nouveau jardin japonais a été implanté à la place de celui qu’Albert Kahn avait créé en 1908-1909. Il ne subsiste plus rien de l’ancien jardin excepté le grand cèdre de l’Himalaya et le hêtre pleureur sur le petit îlot, les deux ponts, ainsi qu’un portique en bois donnant sur le verger.

Cet espace est une conception moderne : il a été créé entre 1988 et 1990 par le paysagiste Fumiaki Takano et co-financé par un mécène japonais, Monsieur Murata, et le Conseil général des Hauts-de-Seine.

Cette création contemporaine rend hommage à la vie et à l’oeuvre d’Albert Kahn, en souvenir des liens étroits qu’il entretenait avec le Japon. La symbolique de cet espace suit trois axes essentiels, se joignant tous en une pierre centrale :
- l’axe de la vie (Yang), symbolisé par la rivière et par les constructions coniques en relief ;
- l’axe de la mort (Yin), représenté par les constructions en cône inversé ;
- l’axe féminin - masculin, déterminé par le hêtre et le cèdre.
Cette symbolique reprend le principe fondamental du Tao, celui de la complémentarité dans l’opposition pour former un tout.

L’eau est l’élément dominant. Son parcours symbolise la vie d’Albert Kahn.

Tradition et modernité


Ce jardin est traditionnel dans les éléments de sa composition : on y retrouve, par exemple, la transposition du paysage japonais dans l’évocation des montagnes, des cours d’eau, des cascades et des rizières en terrasses.
Les végétaux ont été choisis pour les qualités de leur feuillage : les conifères au feuillage sombre absorbent la lumière tandis que les bambous au feuillage clair la réfléchissent.

À l’est, une butte d’azalées, dont la forme symbolise celle du mont Fuji (la plus haute montagne du Japon), surplombe le bassin. À l’ouest, un petit jardin sec – ou jardin zen – est dessiné selon les lignes d’une île japonaise. Les bordures des cascades sont composées de rhododendrons et d’azalées d’origine japonaise. Partout, des camélias, des érables verts ou pourpres, des pins et des cyprès nains longent un chemin de tuiles (iraka).
Un champ de prunus (cerisiers à fleurs d’origine japonaise) s’étend à l’ouest du jardin. Leurs bouquets, denses et abondants, apportent une floraison éphémère mais spectaculaire au printemps.

Vue d'ensemble

© CG92/Willy LABRE

Sculpture en tuile japonaise

© CG92/Willy LABRE

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

Un beau matin du mois de juin

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Les deux ponts

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Vue d'ensemble

© CG92/Musée Albert-Kahn/Ronan GUINEE

Carpe koï

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Le nouveau jardin japonais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Beauté aquatique

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Cerisiers en fleurs

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Cerisiers en fleurs

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

En été

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

La montagne aux azalées

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Vue d'ensemble

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

Cèdre de l'Himalaya

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

Le Tsukubai

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Eclats de faïence aux couleurs des drapeaux français et japonais

La rivière

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Cerisiers en fleurs

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Les rizières en terrasses

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Vue globale

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Magnolia étoilé

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Fleurs de printemps

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Les fortifications en grès rose

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Les rizières en terrasses

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Le jardin zen

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

 

Au coeur de cette abondante végétation et perdu dans les sentiers abruptes, un shishi-odoshi et un Jizo se découvrent avec surprise. Le shishi-odoshi est une fontaine traditionnelle construite en bambou. À l’origine, elle est utilisée comme épouvantail sonore dans les champs et les rizières. L'eau se déverse d’une tige de bambou dans un « marteau » qui se remplit jusqu'à ce que le poids de l'eau le fasse basculer. Ce marteau frappe alors une pierre, créant un bruit sec et régulier. Le Jizo protège, quant à lui, les pèlerins et les enfants. Gardien des chemins, on le trouve souvent le long des routes et des sentiers des jardins japonais.

Sur les sentiers, les pierres plates – ou « pas japonais » – rythment la promenade. Les plus larges proposent une halte et un point de vue sur le jardin.

La modernité s’impose dans la manière de Takano d’utiliser les formes et les matériaux pour évoquer la tradition. Des sculptures en tuile japonaise (couleur gris métal) figurent la mer, le vent et les nuages ; des billes de couleur ornent le chemin et interpellent de manière amusante le regard du visiteur durant sa promenade ; des éclats de faïence aux teintes des drapeaux japonais et français symbolisent les liens entre les deux pays amorcés par Albert Kahn au XIXe siècle et poursuivis par le département des Hauts-de-Seine de nos jours. Ailleurs, une descente d’escalier rectiligne qui mène en haut du promontoire à la rivière, rappelle l’aspect géométrique des jardins à la française. Quant aux tilleuls, marronniers et hêtres, ils cohabitent avec des essences typiques du Japon telles qu’érables palmés, andromèdes, azalées…

Parcours de l'eau : allégorie de la vie d'Albert Kahn


L’axe de la vie démarre avec une pyramide de galets blancs provenant des rivières proches de Chamonix. Elle monte vers le ciel et, de sa base, s’écoule un torrent, allégorie de la naissance d’Albert Kahn en 1860.
Les pierres rendant le parcours tumultueux sont à l’image de l’enfance difficile d’Albert Kahn qui subit, à dix ans, la mort de sa mère et la défaite de la France contre la Prusse.

L’étang principal est bordé d’une plage de galets noirs et blancs. Cet espace lumineux et plein de mouvement symbolise la jeunesse et la grande période des réussites, sur le plan financier mais aussi philosophique, d’Albert Kahn.

Au bout de la « plage », une fontaine circulaire d’eau bouillonnante évoque le virage spirituel, le nouveau sens qu’Albert Kahn a donné à son existence. Au bord de l’eau, des empilements de galets roses représentent les Archives de la Planète.

L’eau passe ensuite sous le pont rouge, réplique du pont sacré de Nikkô. En face du pont, sur l’autre rive, apparaît le troisième axe de composition : l’élément féminin, évoqué par le hêtre pleureur (Fagus sylvatica ‘Pendula’), et l’élément masculin, représenté par le cèdre de l’Himalaya (cedrus deodara), qui rappellent tous deux l’importance des êtres humains dans la vie de Kahn.

Le cours d’eau se resserre ensuite brusquement, évoquant le krach financier de 1929 et la ruine d’Albert Kahn, également matérialisés par les fondations d’un château fort japonais, en granit rose taillé, suggérant une forteresse en ruine.

Avant de parvenir à un pont couleur lie-de-vin, nous apercevons, sur une petite île, un jardin zen composé d’un espace sec de gravier blanc, de roches et de deux petites pyramides qui terminent l’axe de la vie.

Le cours d’eau termine son parcours dans une large cuvette sphérique en pierres noires, pailletée de feuilles d’or. Au centre, l’eau tourne en spirale avant de disparaître. Cet endroit évoque la mort d’Albert Kahn en 1940.

Cependant, grâce à un système de pompage, l’eau retourne à la cascade, d’où elle repart pour un nouveau cycle. Outre le symbole bouddhiste de la réincarnation, on peut aussi y voir celui de la transmission des idées de Kahn aux générations futures.

Au début du XXème siècle


En 1908-1909, Albert Kahn fait construire un véritable sanctuaire japonais miniature, aujourd’hui disparu. De nombreuses fabriques orientales évoquent alors divers sites sacrés du Japon visités par le banquier au cours de ses voyages dans l’empire du Soleil Levant.

Deux torii (portiques sacrés shintô constitués de deux piliers réunis au sommet par deux barres transversales) marquent les limites de cette partie du jardin japonais. Au plus proche du village, un premier donne accès au sanctuaire et symbolise le passage entre le monde terrestre et le monde divin. À l’autre extrémité, un second ferme la scène paysagère.

Un pont arqué et laqué de rouge – seule construction d’inspiration religieuse à subsister de nos jours – reproduit à échelle réduite celui qui marque l’entrée du sanctuaire de Nikkô au Japon. Albert Dutertre témoigne dans son journal qu’Albert Kahn et lui-même ont visité ce célèbre site en 1908 : Mercredi 30 [décembre] – […] Arrivons à Nikkô à midi, par un beau temps […]. Visite et photos des temples, très nombreux à Nikkô. Dans l’après-midi, il neige un peu et les montagnes sont recouvertes de neige […].

Un sôrintô (ou « pagode flèche ») figure également celui de Nikkô et ferme la scène paysagère. Il s’élève dans un décor rocailleux et sec, à proximité d’un pont brun.
À l’époque d’Albert Kahn, l’aménagement paysager crée, comme à Nikkô, un cadre propice au recueillement. Le pont est disposé au flanc de pentes abruptes, au coeur d’une épaisse forêt. Cette dernière offre un écrin naturel et contribue au caractère mystique du lieu.

Proche du sôrintô, un petit espace qualifié de jardin chinois ou de jardin alpin laisse interrogateurs les chercheurs. Une façade de temple (évocation du Kyomizudera ?), placée sur un promontoire, dominait la scène paysagère. Aujourd’hui, la façade de temple a été démontée mais la vue plongeante sur le jardin n’a pas disparu : elle est offerte désormais par des éléments modernes, implantés à la fin des années 1980.

En hiver


Paysage d'hiver

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Un jour en hiver

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Le Jizo et le shishi-odoshi

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

La rivière gelée

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Le pont rouge sous le soleil d'hiver

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

La rivière gelée

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Du pont rouge en hiver

Le cône de galets sous la neige

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Le jardin japonais sous la neige

© CG92/Musée Albert-Kahn/Vladimir PRONIER

Le pont rouge sous la neige

© CG92/Willy LABRE

Le pont rouge en hiver

© CG92/Willy LABRE

Le pont rouge un soir d'hiver

© CG92/Willy LABRE

Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

 

En automne


Pont rouge

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Les ponts rouges

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Les fortifications en grès rose

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Vue d'ensemble

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

La spirale d'eau

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Vue d'ensemble

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Le cône de galets

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Erable du japon

© CG92/Willy LABRE

Erable du japon

© CG92/Willy LABRE

Vue d'ensemble

© CG92/Willy LABRE

Reflet d'automne

© CG92/Willy LABRE

 

Le pont rouge en images


En été

Le pont rouge

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le jardin zen

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Au début du printemps

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Au printemps

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Blétilla devant le pont rouge

© CG92/Willy LABRE

 


1 2 3 4 5 6 7

Site Internet du conseil départemental des Hauts-de-Seine

albert-kahn.hauts-de-seine.fr est un site du conseil départemental des Hauts-de-Seine