Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Forêt bleue

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La forêt bleue et le marais

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Spontanéité des paysages naturels


Cette forêt réunit des arbres d’Afrique et d’Amérique : cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado. À travers leurs branches hérissées d’épines bleues, on distingue peu à peu le marais. Il s’agit de deux petites mares artificielles autour desquelles poussent de nombreuses plantes aquatiques comme les iris d’eau et les nénuphars [répétition].
 
La forêt bleue et le marais ont pris places sur des parcelles acquises par Albert Kahn entre les années 1895 et 1899. Leurs qualités informelles et leur esprit libre imitent un paysage spontané.

La « forêt bleue » tient son nom des cèdres de l’Atlas et des épicéas du Colorado qui y sont plantés. Ces conifères forment toute l’année un rideau végétal bleuté et épais. Derrière, on découvre l’hôtel particulier d’Albert Kahn…  
Au printemps, la diversité des couleurs est spectaculaire et les contrastes saisissants. Ici et là, les taches vives des azalées et des rhododendrons (roses, rouges, mauves ou orangés) pointillent le voile bleu feutré des conifères. Pour parfaire ce tableau de jardin, les hémérocalles et les pivoines jettent des touches jaunes et roses dans une herbe d’un vert soutenu.

Composition paysagère


Comme les perspectives et les constructions, la végétation (sa forme, sa couleur, son origine géographique) participe à la composition des scènes du jardin d’Albert Kahn. Les végétaux offrent aussi au visiteur le loisir d’être transporté d’un bout à l’autre du monde : tout comme les images des Archives de la Planète apprennent à faire découvrir nombre de civilisations, les fleurs et les arbres du jardin renvoient à diverses cultures. Ainsi, les cèdres de l’Atlas et les épicéas du Colorado évoquent-ils les continents africain et américain, unis dans un jardin à l’image d’un monde en paix.

La pelouse entretenue de manière plus libre ainsi que le vallonnement du terrain accentuent le caractère naturel de cette scène paysagère. Afin de restaurer « à l’identique » le remarquable écran bleuté créé par Albert Kahn à la fin du XIXe siècle, les arbres ont progressivement été remplacés depuis les années 1990. La forêt bleue, comme la forêt vosgienne, a été dévastée par la tempête de 1999.

Sous la neige

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Le marais

© CG92/Willy LABRE

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

PJG2

JARDIN A L'ANGLAISE

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Sous la neige

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Forêt bleue

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

Forêt bleue

FORET BLEUE

Forêt bleue

© CG92/Musée Albert-Kahn/Philippe PLANCHON

Forêt bleue

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Forêt bleue

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK

Forêt bleue

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

SOUS LA NEIGE

© CG92/Willy LABRE

Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

 

La forêt bleue dissimule une scène de « marais », qui se dévoile progressivement derrière une mixed border (« bordure mélangée ») longeant l’allée. Cette composition contemporaine forme diverses masses de couleurs et exclut toute symétrie. Ses nombreux végétaux (vivaces et graminées) constituent une plate-bande herbacée sauvage.
Avec ses deux étangs aux contours sinueux, ce petit « jardin d’eau » évoque un milieu humide. Au printemps, la scène compose une clairière étonnante, où la végétation luxuriante appelle le regard de tous côtés. Dans les bassins, des plantes aquatiques se développent en toute quiétude : les nénuphars - entourés de massettes, d’iris d’eau et de prèles d’Amérique - créent une véritable nappe végétale. Sur la pelouse, les mille teintes des rhododendrons et des azalées font écho au bleu, au doré et au vert des forêts alentour. Diverses vivaces telles que les gunnéras, les lavatères, les hostas et les sagittaires complètent la palette.

Cette scène paysagère confirme la curiosité très particulière qu’éprouve Albert Kahn pour l’ensemble du monde vivant. Il installe d’ailleurs dans sa propriété, à proximité du marais, un laboratoire de biologie et de microcinématographie où le docteur Comandon conduira, entre autres, des travaux sur la croissance des végétaux et la faune des étangs.

La maison d'Albert Kahn


En 1893, Albert Kahn s’installe 6 quai du 4 Septembre. Il y loue, avec promesse de vente, un hôtel particulier, construit en brique et en pierre, et donnant sur la colline de Saint-Cloud. Derrière, deux constructions parallèles servent de communs (chenil, écuries, remises et logements). L’une d’entre elles sera détruite par la suite.

En 1894, le paysagiste Eugène Deny aménage le jardin de la maison dont Albert Kahn n’est encore que locataire. Albert Kahn y marque son goût pour l’horticulture.

En 1895, Albert Kahn devient propriétaire de l’hôtel particulier qu’il loue depuis deux ans. Il devient aussi propriétaire de quatre parcelles de terrain, toutes contiguës et en prolongation directe avec sa maison. Il commence à y faire aménager ses jardins.

Après sa ruine et l’acquisition de la propriété par le département de la Seine en 1936, Albert Kahn conservera l’usufruit de la maison, qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1940.

Albert Kahn étant très discret sur sa vie privée, nous ne possédons aucun cliché de l’intérieur de la maison du vivant du propriétaire.

La maison, comme le reste du site, appartient au département des Hauts-de-Seine.

Le laboratoire des Archives de la Planète


Pour mener à bien les Archives de la Planète, son projet de grand panorama du monde, Albert Kahn fait installer dans sa propriété un laboratoire de développement.

Dans ce bâtiment donnant sur la forêt bleue, s’effectuera le deuxième développement des autochromes. Auguste Léon, chimiste et photographe, est à la tête des laboratoires de photographies et de films des Archives de la Planète, qui réunissent, en tout, onze collaborateurs : huit pour les images fixes, trois pour les images animées.

C’est aussi dans ce bâtiment que seront photographiés devant un rideau vert les différents invités d’Albert Kahn ou de la société Autour du Monde. Deux autochromes sont prises, l’une est donnée en souvenir, l’autre est conservée dans les Archives de la Planète.

Dans la salle dite « des plaques », les plaques autochromes sont conservées et classées dans des boîtes en bois, elles-mêmes rangées sur des étagères. Chacune des boîtes étant marquées du nom du lieu (région, pays) de la prise de vue.

Aujourd’hui ce bâtiment abrite la direction du musée, le service administratif, le service de cession de droits d’exploitation, le service communication et une partie du service de la conservation. Les plaques autochromes sont désormais conservées dans un autre bâtiment du site, respectant les normes actuelles de conservation.

Le bâtiment de la Société Autour du Monde


En 1906, Albert Kahn fait aménager la grande villa du 9 quai du 4-Septembre pour y accueillir la société Autour du Monde. C’est dans ce pavillon – appelé le Cercle – que les boursiers Autour du Monde se réunissent et accueillent des personnalités venues du monde entier.

« Le remaniement des locaux, l’aménagement de la bibliothèque et des salles de réception prirent des mois », selon Charles-Marie Garnier, ancien boursier.

Du mobilier du monde entier est rassemblé, le confort et l’élégance sont recherchés (tapis d’Orient, fauteuils anglais…). Albert Kahn prête objets (bronzes et porte-bouquets japonais, grand vase en porcelaine chinoise…) et gravures. L’espace se révélant insuffisant, Albert Kahn agrandit le salon sur le jardin destiné à mieux recevoir pour les repas et les discussions, les nombreux hôtes. Le Cercle comporte alors « au rez-de-chaussée un joli salon […] avec de grandes baies ouvertes sur les jardins ». Le jardinier Ruffin témoigne : « Un petit apprenti jardinier avait la mission de cueillir les fleurs pour garnir cette belle salle de réunion. C’est avec soin qu’il accomplissait sa mission. »
Côté Seine, un espace de buffet permet des repas plus simples. Au premier étage, se tient la bibliothèque (4 500 livres, à la fin, et périodiques) ; au second et troisième, des chambres réservées aux membres.

Tout membre est assuré de trouver un repas frais, s’il prévient la veille de sa venue. Plusieurs grands repas par mois sont organisés, et sont encore plus nombreux à la belle saison. Le prix varie de trois à neuf francs et seuls les membres participent. Pouvant être très copieux et luxueux, ils s’ouvrent à la cuisine étrangère.

Les invités de la société Autour du Monde sont conviés à découvrir les jardins mais, dans le but de préserver le lieu, l’accès est limité : M. Albert Kahn veut bien ouvrir ses jardins aux membres et à leurs invités, tous les dimanches après-midi de 1 heures à 5 heures. En dehors de ces heures et de ces jours, nul ne pénètre dans les jardins sans autorisation. […] Dans ces jardins, on est prié de ne pas fumer et de s’abstenir de tout acte qui pourrait causer une dégradation.

Une autre villa, aujourd’hui détruite, sera aménagée au 12 quai du 4-septembre. Elle était destinée à loger le secrétaire-résident, les membres avec leurs conjoints et à faire déjeuner les enfants des sociétaires.

Le laboratoire de biologie


En 1926, Albert Kahn, se sentant concerné par les progrès de l’hygiène publique, installe dans sa propriété de Boulogne un laboratoire de biologie.
 
Il en confie la direction au docteur Jean Comandon (1877-1970), pionnier de la recherche scientifique dans le domaine de l’infiniment petit. Recruté en 1908 par Charles Pathè pour sa production industrielle de films scientifiques médicaux et d’hygiène sociale, Comandon avait été remercié pour cause de films non commercialement rentables en 1926, après le rachat de la maison Pathè.
 
Albert Kahn s’intéresse aux applications médicales des recherches du biologiste en matière de santé publique pour la prévention de la syphilis et de la tuberculose.
 
Les deux hommes sont convaincus de l’importance du cinéma pour l’enseignement et la recherche. La mise au point, par Comandon, de la microcinématographie – enregistrement filmé à l’ultramicroscope des mouvements de micro-organismes – permet de révéler des phénomènes totalement méconnus ou insoupçonnés, parce qu’invisibles à l’œil nu.
 
Par cette même technique (image par image, grossissement et accéléré) Comandon  filma la croissance des végétaux. Avant même de créer le laboratoire, Albert Kahn possédait Epanouissement de quelques fleurs, film de Comandon colorié au pochoir, qu’il projeta constamment à ses invités de Boulogne de 1921 à 1935.
 
Grâce aux moyens mis à disposition par Albert Kahn, Comandon acquit un matériel plus perfectionné que celui de Pathè et, assisté de Pierre de Fonbrune, réalisa une vingtaine de films de recherche scientifique.
 
En mars 1932, suite à ces problèmes financiers, Albert Kahn mit fin à l’activité du laboratoire de biologie. Jean Comandon, après avoir racheté le matériel, s’installa à l’Institut Pasteur jusqu’en 1967.

Le marais en photos


Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Lionel BARD

Le marais

© CG92/Willy LABRE

Le marais

© CG92/Musée Albert-Kahn/Bénédicte de CHANGY

Le marais

© CG92/Pierre-Jean GRUJARD

 

Sous la neige


Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

Sous la neige

© CG92/Willy LABRE

Sous la neige

© CG92/Musée Albert-Kahn/Pascal BEDEK


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