Albert-Kahn, musée et jardin départementaux: Le thème du mois

Vous êtes ici : Accueil › Archives de la planète › Présentation › Le thème du mois

Le thème du mois

  • Imprimer la page
  • Envoyer à un ami

Retrouvez tous les mois une selection d'autochromes autour d'une thématique.


Afrique urbaine

Porto-Novo depuis la lagune, le long de ses artères rectilignes, au cœur des places des quartiers « indigènes »… La chambre photographique de Fréderic Gadmer, opérateur des Archives de la Planète, se pose au cœur de paysages urbains multiples, explore et raconte une ville cosmopolite alors capitale de la colonie française du Dahomey.

Porto-Novo est également le siège de la Mission catholique où Gadmer a ses quartiers de janvier à avril 1930, aux côtés de Francis Aupiais, père missionnaire et ethnographe, familier de cette terre où il a œuvré pendant près de vingt-trois ans. Au sein du portrait que les deux hommes dessinent de cette terre dahoméenne revient le motif des architectures porto-noviennes dans leur diversité : architectures coloniales aux nombreuses ouvertures, reflet des préoccupations hygiénistes, caractérisant notamment les administrations ; architectures vernaculaires de style afro-brésilien développé par les anciens esclaves affranchis de « retour » sur la  terre de leurs ancêtres mais encore architectures de terre ou de bois.

"Coin des Teinturiers", Porto Novo, Dahomey [Benin], 5 février 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 389). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Quartier indigène et Case du fétiche Dangobou", Porto Novo, Dahomey [Benin]

Autochrome de Frédéric Gadmer, 5 février 1930, (inv.A 63 403 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Quartier indigène", Porto Novo, Dahomey [Benin], 15 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 200). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Case du fétiche Dan", Porto Novo, Dahomey [Benin], 15 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 205 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Une rue dans le Quartier indigène", Porto Novo, Dahomey [Benin], 15 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 206). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Les bords de la lagune", Porto Novo, Dahomey [Benin], 15 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 209 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Eglise de la Mission Catholique", Porto Novo, Dahomey [Benin], 9 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 157 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Ecoles et habitations des pères", Porto Novo, Dahomey [Benin], 9 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 159 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Bureau des Douanes", Porto Novo, Dahomey [Benin], 10 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 63 162 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Palais du Gouverneur", Porto Novo, Dahomey [Benin], 11 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 165 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

« L'Hôpital », Porto Novo, Dahomey [Benin], 11 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 169 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Avenue Victor Ballot", Porto Novo, Dahomey [Benin], 11 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 178 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

"Maison de famille Agbotou", Porto Novo, Dahomey [Benin], 11 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 63 181 S). © Département des Hauts-de-Seine, musée départemental Albert-Kahn, collection Archives de la Planète.

 

Le bois au Japon


Le bois au Japon (janvier 2016)

Les paysages japonais, faits d’îles volcaniques aux reliefs montagneux, sont couvert de forêts denses. Au début du XXe siècle, plus de 80% du territoire nippon est ainsi recouvert d’espaces boisés. Pour les Japonais de l’époque, ces forêts représentaient une manne irremplaçable car de la nature dépendait toute la vie des Japonais dans leur quotidien.

Religieusement pour commencer, puisque le shintoïsme et le bouddhisme ont un rapport essentiel à la nature. En effet, le shintô (la « voie des Dieux ») est un ensemble de rites animistes, réglés par l’écoulement des saisons, les travaux agricoles et les cataclysmes (éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations). Ses dieux-esprits, appelés kami, sont à l’origine de tout et s’incarnent dans la nature en prenant la forme d’éléments à la beauté rare, grandiose ou mystérieuse, par exemple un rocher ou un arbre, qui deviennent des réceptacles où ces dieux aiment à se reposer lorsqu’ils sont sur terre. C’est pour être proches des kami que les Japonais construisent (en bois évidemment) leurs sanctuaires dans les forêts.

La vie du Bouddha, quant à elle, fut marquée par de nombreux épisodes qui se déroulèrent dans la nature. Ce dernier méditait sous des manguiers et des figuiers. C’est d’ailleurs sous un figuier qu’il atteignit l’Eveil et dans la forêt de Kushinagar, qu’il mourut.

Ce rapport religieux au bois formera le terreau de nombreuses légendes qui seront, à leur tour, autant de références dans lesquelles les artistes piocheront des idées pour leurs œuvres (romans, estampes, décor du théâtre Nô, etc.) ainsi que les matériaux pour les fabriquer (panneaux pour peindre, matrice d’estampes).

"Sanctuaire Ise Jingû : le pont Uji-bashi et son torii", Ise, préfecture de Mie, Japon, hiver 1926-1927.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56496). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Scierie le long de la rivière Tamagawa", Environs de Tôkyô, Japon, été 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55987 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Maison d'un marchand de charbon et de bardeaux", Environs de Matsumoto, Japon, août 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56191). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Le Palais impérial [Gosho] : le Shishinden", Kyôto, Japon, mars-avril 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 54943 XS). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Vues diverses", Tôkyô, Japon, mai 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55271 S). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Village près des cinq lacs du Fuji-san", Environs de Fuji-Yoshida, Japon, hiver 1926-1927.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56828 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Temple Hôryû-ji : la pagode [Gojunotô - pagode à cinq étages]", Ikaruga, environs de Nara, Japon, automne 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56697 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Temple Tôdai-ji : le Daibutsuden", Nara, Japon, avril-mai 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55428 S). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"La terrasse du hondo du temple Kiyomizu-dera", Kyôto, Japon, automne 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56629). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Port au bois, Miidera [Ôtsu]",région de Shiga, Japon, mai-juin 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55356 XS). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Temple Zenko-ji : le hondo", Nagano, Japon, août 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56090). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Pont Togetsukyô et flottage du bois sur la rivière Hozugawa", Village d'Arashiyama, environs de Kyôto, Japon, mai-juin 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55349 S). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Sanctuaire Haruna-jinja", Takasaki, préfecture de Gunma, Japon, août 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56257 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Vue vers le mont Myogi", Karuizawa, Japon, août 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56106 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

Economiquement ensuite, la dépendance des Japonais face à leurs forêts à toujours été vitale. Le relief accidenté du Japon permit le développement de grandes forêts, car l’implantation de culture et de grande ville y était difficile. A contrario le transport du bois sur terre était rendu difficile par cette topographie accidentée. Les véhicules et le bétail ne furent donc que rarement utilisés, laissant place au flottage sur l’eau : la rivière devenant la voie de transport privilégiée pour l'exploitation du bois. Ce secteur était encore économiquement incontournable à la fin du XIXe siècle.

Le bois était alors utilisé comme combustible, pour le transport (charrues, bateaux, etc.) et ces infrastructures (ponts) et bien évidemment comme matériau construction pour tous bâtiments (temples, palais, maisons de ville, fermes, etc.), la brique et la pierre ne commençant vraiment à concurrencer le bois qu'au début de l'ère Meiji. Ce rapport privilégié au bois donna naissance à certains des bâtiments, fait dans ce matériaux, les plus emblématiques du monde (tous au patrimoine mondial de l’UNESCO) : le temple du Hôryû-ji (un des plus anciens monuments en bois du monde), le temple du Tôdai-ji (le plus grand bâtiment de bois au monde) le temple du Kiyomizu-dera (supporté par 139 piliers de 12 mètres de haut) ou encore le sanctuaire d’Ise (entièrement démonté et rebâti à l’identique tout les 20 ans, depuis 1300 ans).

 

costumes masculins


Costumes masculins (nov-déc 2015)

La collection de portraits des invités d’Albert Kahn ou de la Société autour du Monde, qui posent dans le studio installé à Boulogne, est une bonne illustration de la standardisation du vêtement de ville masculin au sein des élites internationales au début du XXe siècle.

La mode est définie par les tailleurs qui fournissent la haute société parisienne, laquelle demeure depuis le XVIIIe siècle l’arbitre de l’élégance et le modèle pour toute l’Europe et par extension pour le reste du monde, prédominance qu’elle partage avec l’Angleterre, sa rivale traditionnelle. La forme du costume s’est fixée au milieu du XIXe siècle et a peu varié depuis. Le port du pantalon ayant définitivement remplacé la culotte, signe du vêtement aristocratique de l’Ancien régime.

Des codes sociaux régissent la façon dont les hommes distingués s’habillent. Les vêtements sont choisis en fonction du type d’activité, et de son importance sur l’échelle subtile de la mondanité et de l’heure de la journée.

"La Délégation Belge à l'hôtel White Brug", Scheveningue, La Haye, Pays-Bas, 22 août 1929.

Autochrome de Stéphane Passet (inv.A 61 847). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"MM. Venizelos et Politis", La Haye, Pays-Bas, 22 août 1929.

Autochrome de Stéphane Passet (inv.A 61 851). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Essad Pacha assis", Reth, Albanie, 17 octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 2 855). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Dr W. S. Mc Cann", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 28 mai 1929.

Autochrome de Lachalarde (inv. A 59 776). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Le Marquis d'Audelarre", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 22 décembre 1926.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 50 732). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Mr Henri de Jouvenel", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 2 novembre 1922.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A 35 735). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Emile Deutsch de la Meurthe", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 20 juin 1923.

Autochrome de Georges Chevalier (inv.A 38 223). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Mr François Piétri", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 22 juin 1923.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 38 241). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Le maharadja de Kapurthala, Jagatjit Singh et son secrétaire privé Muhabbat Rai", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 27 juin 1923.

Autochrome de Georges Chevalier (inv.A 38 250). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Mr Bois", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 28 juin 1922.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 31 973). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"Monsieur Guignard", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 25 septembre 1920.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 23 566). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Mr Bartlett", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 11 avril 1921.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A 25 455). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète.

"S. A. R. Alexandre, Prince Régent du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 14 décembre 1919.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 19 197). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Allama Syed Hussain Abadwala", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 20 mai 1920.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 21 229). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Mr Ante Trumbitch, Ministre des Affaires Etrangères du Royaume des Serbes", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 25 janvier 1919.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 15 152). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Le Marquis Jacques de Dampierre", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 14 septembre 1918.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 14 623). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Mr Maurice Croiset", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 18 juillet 1917.

Autochrome d?Auguste Léon (inv.A 10 609). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

La tenue d’après-midi est souvent composée du costume trois pièces, composée d’une veste,  d’un pantalon et d’un gilet, taillés dans une même étoffe. Les tissus sombres et la sobriété des étoffes sont considérés comme des marques de bon goût, la couleur claire est plutôt réservée à la belle saison. Les ressortissants des pays anglo-saxons comme Mr Bartlett se distinguent par leurs vêtements de tweed.  

Le soir, et lors d’occasions formelles, l’habit en drap noir à revers gansé de soie est privilégié, ainsi que la chemise blanche portée avec un col cassé ainsi qu’on peut le voir sur le portrait de Mr Piétri.

Le gilet blanc, qui crée un contraste élégant fait partie de la tenue de soirée, comme on peut le voir sur le portrait de Maurice Croiset, professeur au Collège de France ou sur le portrait de Mr Bois. Si le phénomène de la mode est beaucoup moins accentué chez les hommes que chez les femmes, on en trouve cependant  des manifestations dans le choix d’accessoires qui agrémentent la tenue. Ainsi il existe de nombreux types de cols, généralement empesés.

La tenue d’après-midi est souvent composée du costume trois pièces, composée d’une veste,  d’un pantalon et d’un gilet, taillés dans une même étoffe. Les tissus sombres et la sobriété des étoffes sont considérés comme des marques de bon goût, la couleur claire est plutôt réservée à la belle saison. Les ressortissants des pays anglo-saxons comme Mr Bartlett se distinguent par leurs vêtements de tweed.  

Le soir, et lors d’occasions formelles, l’habit en drap noir à revers gansé de soie est privilégié, ainsi que la chemise blanche portée avec un col cassé ainsi qu’on peut le voir sur le portrait de Mr Piétri.

Le gilet blanc, qui crée un contraste élégant fait partie de la tenue de soirée, comme on peut le voir sur le portrait de Maurice Croiset, professeur au Collège de France ou sur le portrait de Mr Bois. Si le phénomène de la mode est beaucoup moins accentué chez les hommes que chez les femmes, on en trouve cependant  des manifestations dans le choix d’accessoires qui agrémentent la tenue. Ainsi il existe de nombreux types de cols, généralement empesés.

La cravate peut être enrichie d’un bijou, comme celle arborée par le Prince Régent Alexandre, futur roi de Yougoslavie. La mode s’exprime dans la façon de la nouer. Le nœud papillon ou la pochette, qui font partie des rares fantaisies admises chez les hommes sont également confectionnés dans des tissus aux textures et motifs très divers. Le marquis d’Audelarre a choisi de dépareiller sa cravate et de l’associer à une pochette de soie aux couleurs contrastées, alors que Mr Quignard a opté pour une pochette blanche.

Le port du chapeau est un signe d’élégance masculine, sa forme et sa matière varient également en fonction des circonstances et de la saison. Le feutre mou est ordinairement porté dans la journée, comme on peut le voir sur le portrait de groupe photographié lors de la conférence de La Haye. Le maharadjah de Kapurthala et son secrétaire ayant été photographiés en juin, ils tiennent à la main un canotier de paille.  Mr Piétri est coiffé d’un haut de forme ou huit reflets, chapeau très habillé qui complète généralement l’habit de soirée ou de cérémonie. Certains couvre-chefs sont la marque d’une culture non européenne. Ainsi Essad Pacha, homme politique albanais est coiffé d’un fez rouge, coiffure typiquement ottomane, de même que Syed Hussain Abadwala,  représentant d’une délégation musulmane indienne, porte une toque de mouton blanc également orientale.

Les gants sont l’apanage des élégants, ils sont portés en toute saison et lorsqu’ils sont blancs,  ils sont des éléments obligés d’une tenue très habillée.

Lorsque l’on considère les portraits des personnalités venues à l’occasion de réceptions, il ressort une impression d’uniformisation du vêtement, même si l’on peut observer quelques différences.

Le protocole de prise de vue à Boulogne reprend le code du portrait peint et du portrait de studio tel qu’il a été établi depuis les débuts de la photographie. Le modèle est photographié assis, de face, le buste légèrement de trois-quarts, en plan serré, devant un rideau de couleur unie.

Ces portraits ont été réalisés en plusieurs exemplaires, dont l’un était destiné à être offert.

Agriculture


Agriculture (octobre 2015)

L’agriculture constitue un thème essentiel de la collection iconographique d’Albert Kahn. Ses photographes et caméramans ont récolté des scènes de travaux ruraux dans près de 50 pays, entre 1909 et 1931, pour tenter de répondre à une approche à la fois documentaire et scientifique. A une époque marquée par l’industrialisation, les mutations techniques et l’exode rural dans les pays européens, Albert Kahn cherchait à conserver  l’image des cultures traditionnelles vouées à disparaître tout en témoignant des grandes mutations avec l’apparition de techniques nouvelles. 

Jean Brunhes, directeur scientifique des Archives de la Planète et géographe, voyait dans ce projet d’archivage du monde la possibilité de comparer  les différents modes d’exploitations de la terre par l’homme. Dès 1913, dans son livre La Géographie humaine il écrit vouloir créer " une sorte de musée cinématographique de tous les principaux travaux qui sont liés à la culture ".

Les autochromes et les films des Archives de la Planète s’intéressent à tous les types de culture : le riz et le coton dans le Tonkin, le chanvre en Syrie, la canne à sucre en Egypte ou encore les oranges aux pieds d’un volcan japonais. Du labourage à la récolte, les différentes étapes de production agricole sont enregistrées de façon complémentaire avec des films noir et blanc d’une part, des plaques de verre en couleurs d’autre part. 

L’espace cultivé comme élément du paysage devient souvent le sujet principal de l’autochrome. Les opérateurs réalisent aussi des portraits posés des cultivateurs ou les saisissent dans leur travail quotidien. C’est le cas notamment avec des scènes de vendanges en Gironde, avec la culture des palmiers et la fabrication traditionnelle de l’huile de palme au Dahomey ou encore avec la cueillette des feuilles de mûres au Japon. 

Les Archives de la Planète entendent ainsi montrer les pratiques agricoles en situation.

En effet à travers ce projet, Jean Brunhes cherche à ne pas extraire l’objet d’étude de  son contexte : " (…) les hommes qui labourent la rizière ou qui repiquent le riz seront photographiés en plein travail et ne seront séparés ni des instruments ni des plantes. De leur côté, les plantes cultivées seront prises avec ceux qui les cultivent ;  qui dit plantes cultivées indique par là même que l'homme participe pour une part à la reproduction et à la multiplication de ce végétal ; le travail humain est donc comme une parcelle intégrante de tout champ et de tout jardin. "*

Grâce au nouveau procédé de cinéma en couleurs « naturelles », mouvement et couleurs sont finalement associés dans un film tourné en 1928 par un des opérateurs d’Albert Kahn, Camille Sauvageot, offrant une scène de récolte dans un champ de blés, en région parisienne. 

"La cueillette des feuilles de mûrier", Asama-Onsen, environs de Matsumoto, Japon, août 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56115). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Séparation des grains de la paille de riz par peignage", village de Yase, environs de Kyôto, Japon, automne 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56 736). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Culture d'agrumes au pied du Sakurajima", environs de Kagoshima, Japon, printemps 1927.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A 68 685 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Culture de la canne à sucre", Cochinchine, Indochine, septembre 1921.

Film noir et blanc muet de Léon Busy (inv. AI12920). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Culture du riz", Cochinchine, Indochine, 1921.

Film noir et blanc muet de Léon Busy (inv. AI12923). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Battage des céréales", Le Munchar, Tunisie, 1931.

Film noir et blanc muet de Frédéric Gadmer (inv. AI18410). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Moissons", France.

Film couleur (procédé lenticulaire Keller-Dorian), muet de Camille Sauvageot (inv. AI18805). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Homme et femmes moissonnant", Ovansjö, entre Gävle et Falun, Suède, 25 août 1910.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 388). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Agriculteur près d'une charrette de fourrage, accompagné de jeunes gens", Cornouailles, Angleterre, août 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2 352). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Un coucher de soleil sur les rizières", Tonkin, Indochine, 1914-1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 5 253). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Le séchage du riz dans une cour de ferme après la moisson", Tonkin, Indochine, 1914-1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 5 277). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Le foin derrière un camouflage près des lignes", Thann, Haut-Rhin, Alsace, France, 6 juin 1917.

Autochrome de Paul Castelnau (inv. A 11 993). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Equipe d'agriculteurs du 143e territorial ramassant le foin", Soissons, Aisne, France, juin 1917.

Autochrome de Fernand Cuville (inv. A 12 295). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Scène de vendanges à Saint-Émilion", Gironde, France, 1920 ou 1921.

Autochrome de Fernand Cuville (inv.A 24 850). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

"Un paysan irriguant un champ d?aubergines" probablement aux environs ouest de la ville de Pékin, Chine, juin 1912.

Autochrome de Stéphane Passet (inv.A 68 597 X). © Département des Hauts-de-Seine - Musée Départemental Albert-Kahn - collection Archives de la Planète

* Jean Brunhes, La Géographie humaine, 1913

Les jardins


Les jardins (septembre 2015)

Si les visiteurs sont aujourd’hui nombreux à venir admirer à Boulogne le jardin à scènes d’Albert Kahn, rares sont ceux à savoir qu’à la demande du banquier, ce jardin a été photographié sans relâche pendant 20 ans par ses opérateurs.

Le musée conserve ainsi  2 500 autochromes du jardin prises entre 1910 et 1930 et qui constituent un fonds à part entière au sein de la collection photographique. Le jardin de Boulogne n’a pas été le seul à susciter un tel intérêt : les scènes exotiques du jardin de Cap Martin, autre propriété du banquier, ont, elles aussi, donné lieu à de nombreuses prises de vues.

Dans les deux cas, une énigme subsiste : pour quel usage étaient faites réellement ces images ? Si les photos de Cap Martin ont largement été montrées aux invités de Kahn lors de séances de projection à Boulogne, les images du jardin de Boulogne semblent avoir été, quant à elles, très peu montrées. Malgré ce parfum de mystère, elles nous en disent beaucoup sur Albert Kahn et sur son œuvre.

"Forêt vosgienne" [Jardin de Boulogne], sans date.

Filmcolor, opérateur non mentionné (inv.B001883). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Tulipes jaunes" [Jardin de Boulogne], sans date.

Filmcolor, opérateur non mentionné (inv.B002260). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Allée centrale. Roseraie, hiver " [Jardin de Boulogne], sans date.

Filmcolor. opérateur non mentionné (inv.B002265). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Cap Martin. Le Jardin", mars 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. C000271). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Cap Martin. Le Jardin ", mars 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. C000355). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Allée des roses " [Jardin de Boulogne], juillet 1915.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000641). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La Neige (Allée des roses)" [Jardin de Boulogne], 26 février 1916.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000723). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Pelouse du marais" [Jardin de Boulogne], 12 mai 1928.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. B001268). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Nénuphars" [Jardin de Boulogne], sans date.

Filmcolor, opérateur non mentionné (inv.B001789). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un étang" [Jardin de Boulogne], sans date.

Filmcolor, opérateur non mentionné (inv.B1791). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais" [Jardin de Boulogne], mai 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000013). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais" [Jardin de Boulogne], mai 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000014). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais" [Jardin de Boulogne], mai 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000016). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Les Iris" [Jardin de Boulogne], juin 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000020). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Les Coquelicots" [Jardin de Boulogne], juin 1911.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000089). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais" [Jardin de Boulogne], juin 1911.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000092). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La Prairie" [Jardin de Boulogne], juin 1911.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000098). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais" [Jardin de Boulogne], avril 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000154). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jardin japonais - Les Glycines" [Jardin de Boulogne], avril 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000143). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La forêt bleue (rosier rouge)" [Jardin de Boulogne], juin 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. B000216). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le banquier réalise là un investissement financier, technique et humain très important qui prouve sa passion pour les beautés de son jardin. Plus qu’une simple passion horticole, ce fonds illustre une véritable fascination pour le monde végétal. Par l’accumulation et la répétition des prises de vues des différentes scènes paysagères, Albert Kahn fait du jardin un motif photographique en soi.

Outre des images esthétiques proches de tableaux impressionnistes, le fonds dresse une sorte d’inventaire végétal de certaines scènes paysagères comme le verger-roseraie. Les opérateurs saisissent alors l’évolution de la végétation à travers les saisons, tant lors des floraisons printanières que du sommeil hivernal.

Mais plus encore, la volonté de photographier le jardin serait, selon des témoignages d’époque, à l’origine même de l’installation d’un laboratoire photographique sur le site de Boulogne et de l’utilisation de l’autochrome, conditions déterminantes pour la création des Archives de la planète. L’opérateur Georges Chevalier raconte que le célèbre autochromiste Jules Gervais-Courtellemont, « vint faire une démonstration et prendre des vues des jardins. C’est à cette époque que M. Kahn enthousiasmé eut l’idée de faire prendre des photographies à travers le monde et de créer une photothèque. »

Il peut paraître surprenant qu’un projet aussi ambitieux ait pu avoir comme source d’inspiration la simple représentation colorée de fleurs. Le jardin a néanmoins pu opérer, dans une certaine mesure, un déclic décisif dans la volonté de Kahn de constituer un inventaire en couleur des réalités du monde de son époque.

 

Les fêtes


Les fêtes (juin 2015)

Les fêtes populaires, profanes ou religieuses, en ville ou à la campagne, constituent une partie importante mais finalement peu montrée des Archives de la planète. Saisies par les opérateurs d’Albert Kahn, ces manifestations recouvrent des réalités aussi variées que carnavals, défilés, pèlerinages, foires, bals, Sainte-Catherine… Tandis que d’autres festivités affichent une connotation politique, lorsqu’il s’agit de défilés historiques, de commémorations, ou encore de fêtes communistes.

Si l’Asie fait l’objet de nombreux reportages, la France et plus particulièrement Paris, bénéficie d’une attention particulière. Les opérateurs sont missionnés de façon récurrente sur certains événements tels que les fêtes du premier mai et les fêtes de Jeanne d’Arc. On devine là une sorte de programme annuel comme un calendrier des missions, qui met en évidence le caractère rituel des fêtes.

"Sainte Catherine rue de la Paix", Paris, France, 25 novembre 1922.

Film noir et blanc de Lucien Le Saint, producteur Albert Kahn (inv.AI48154). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La fête du Muguet", Paris, France, 4 mai 1924.

Film noir et blanc de Camille Sauvageot, producteur Albert-Kahn (inv.AI139730). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

« Le jubilé du Maharajah Jagatjit Singh », Kapurthala, Indes, 24 novembre-4 décembre 1927.

Film noir et blanc de Roger Dumas, producteur Albert Kahn (inv.AI12997). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Carnaval, batailles de fleurs et l'arrière-pays", Nice, Menton, l'Esterel, France, date non mentionnée.

Film noir et blanc de Camille Sauvageot, producteur Albert Kahn (inv.AI44664). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Cour de la même maison [maison aisée] d?Hanoï au moment du Têt", Hanoï, Tonkin, février 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv.A5562). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Boutiques - Jouets d'enfants en baudruche et en papier. La rue du Chauvre à Hanoï pendant la fête des enfants".

Autochrome de Léon Busy, Hanoï, Tonkin, 1915, (inv.A7370). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Poissons et lapins en baudruche", Hanoï, Tonkin, septembre-novembre 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv.A7373). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un étalage complet [Boutiques - Jouets en fer blanc pendant la fête des enfants]", Hanoï, Tonkin, 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv.A7377). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Fillette [Fête des enfants Shichi-go-san au sanctuaire Yasaka-jinja]", Kyoto, Japon, 15 novembre 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A56564). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Installations pour la fête de Mohamedan", Le Caire, Egypte, 5 février 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A3510). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Eglise St Augustin, fêtes de Jeanne d'Arc", Paris, France, 14 mai 1922.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A73651). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Deux soldats décorent un lampadaire [pour les fêtes de la Victoire]", Paris, France, juillet 1919.

Autochrome de Fernand Cuville (inv.A18323). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Panoramas pris depuis le haut du Ministère de la Marine, Place de la Concorde", Paris, France, 14 juillet 1919.

Autochrome de Fernand Cuville (inv.A17906). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Grand Palais [décoré pour les fêtes de la Victoire]", Paris, France, 15 juillet 1919.

Autochrome de Georges Chevalier (inv.A17287). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La Grande Troménie ? Reposoir St Elleau", Locronan, Finistère, Bretagne, France, 14-21 juillet 1929.

Autochrome de Roger Dumas (inv.A60396). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Parce que saisir ces réjouissances revient souvent à enregistrer l’agitation des foules et le tumulte de la vie, les opérateurs film couvrent davantage cette thématique que les photographes. Car, contrairement au film, image du mouvement par excellence, l’autochrome, contrainte par son temps de pose, ne peut souvent saisir que les indices de l’événement tels que décorations ornant les bâtiments et costumes portés par les participants prenant la pose. D’autre part, en consignant par le film l’activité festive des populations, les Archives de la planète montrent ce que les actualités cinématographiques de l’époque, plus intéressées par les grandes figures du moment, ne montrent pas : le peuple, les masses.

Cette thématique illustre donc tout particulièrement la richesse du projet d’Albert Kahn. Mais elle en révèle aussi sa complexité. En effet, les nombreuses images de fêtes constituent de bons exemples de documents situés à la charnière entre deux types d’approches présentes dans les Archives de la planète : enquête ethnographique et reportage d’actualité.

Les cérémonies religieuses et les divertissements populaires témoignent de la vie courante des habitants, et des modes de vie, faisant des fêtes une thématique quasi ethnologique. Cette discipline intéresse beaucoup Kahn et se rapproche de la géographie humaine que prône Jean Brunhes, le directeur scientifique du projet.

Les manifestations politiques et les événements prestigieux tels que le jubilé du Maharajah de Kapurthala immortalisé en 1927 par Roger Dumas, font davantage écho à l’intérêt du banquier pour les questions d’actualité, pour l’observation du contemporain et la prise en compte des événements marquants de son époque.

 

 

Les grandes expositions


Les grandes expositions à Paris  (avril-mai 2015)

 

Qu’elles soient universelles, internationales ou coloniales, les grandes expositions ont marqué Paris et profondément modifié le panorama urbain de la capitale. Lieu de l’ouverture sur le monde, de l’avant-garde, du modernisme, elles constituent bien souvent des moments de référence symptomatiques des évolutions du temps.

De la construction des pavillons d’exposition à leur démolition, l’importance des moyens de construction mis en œuvre est immortalisée par l’appareil photographique tandis les films montrent l’affluence des visiteurs et le large succès de tels événements : à la fois villes dans la ville et immenses spectacles populaires, les grandes expositions sont des rendez-vous incontournables pour les opérateurs des Archives de la Planète.

 

Qu’elles soient universelles, internationales ou coloniales, les grandes expositions ont marqué Paris et profondément modifié le panorama urbain de la capitale. Lieu de l’ouverture sur le monde, de l’avant-garde, du modernisme, elles constituent bien souvent des moments de référence symptomatiques des évolutions du temps.

De la construction des pavillons d’exposition à leur démolition, l’importance des moyens de construction mis en œuvre est immortalisée par l’appareil photographique tandis les films montrent l’affluence des visiteurs et le large succès de tels événements : à la fois villes dans la ville et immenses spectacles populaires, les grandes expositions sont des rendez-vous incontournables pour les opérateurs des Archives de la Planète.

L'Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925 voit le triomphe des "modernistes" français après les fioritures de l'Art Nouveau et laisse son nom à un style décoratif majeur. On peut y voir les œuvres les plus réussies de l’Art Déco : l'imitation des styles anciens étant prohibée, les pavillons et œuvres présentées témoignent d'une réelle originalité pour l'époque. L'exposition dure six mois et tous les pavillons sont rasés à la fin de celle-ci.

"L'Exposition internationale, le pavillon de l'URSS et le Trocadéro.", Paris, France, 21 septembre 1937.

Filmcolor de Georges Chevalier (inv.DS 66 655). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition internationale, les pavillons de l'URSS, de l'Allemagne et le Trocadéro vu du premier étage de la tour Eiffel."

Autochrome de Georges Chevalier, Paris, France, 1 octobre 1937, inv.DS 66 705. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition internationale, le Pavillon du Métal". Paris, France, 1 octobre 1937.

Filmcolor de Georges Chevalier, inv.A 66 704. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, Costumes de scène, classe 24, théâtre, dans le Grand Palais."

Autochrome d'Auguste Léon (?), Paris (VIIIe arr.), France, 5 novembre 1925, inv. A 73 780 XS. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"L'exposition des arts décoratifs, démolition des pavillons sur l'esplanade des Invalides, à l'entrée du pont Alexandre III."

Autochrome d'Auguste Léon (?), Paris (VIIe arr.), France, 24 novembre 1925 (?), inv. A 73 791 X. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931, le village kanak". Paris, France, 29 octobre 1931.

Autochrome de Roger Dumas, inv. A 66 314. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931, une chambre de la maison de Georges Washington, section des États-Unis."

Autochrome de Frédéric Gadmer, Bois de Vincennes, Paris, France, 21 septembre 1931, inv.A 66 006 S. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931, un marchand de cuirs."

Autochrome de Frédéric Gadmer, Bois de Vincennes, Paris, France, 5 octobre 1931, inv. A 66 042. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931, un homme somali.", Bois de Vincennes, Paris, France, 5 octobre 1931.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv.A 66 049 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931, la Cité des Informations.", Bois de Vincennes, Paris, France, 29 juillet 1931.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 65 763 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Construction d'une galerie pour l'Exposition coloniale internationale à Vincennes."

Autochrome d'Auguste Léon, Paris (XIIe arr.), France, 20 août 1930, inv.A 64 552 S. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, cabinet de travail dans la classe VII, Galeries de la section française."

Autochrome d'Auguste Léon, Paris (VIIe arr.), France, 29 septembre 1925, inv. A 47 135. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, Le Pavillon de Rulhmann, dit du Collectionneur." Paris (VIIe arr.), France.

Autochrome de Roger Dumas, 22 juin 1925, inv. A45 580 S. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, Pavillon de l'Afrique occidentale, cours Albert Ier."

Autochrome d'Auguste Léon, Paris (VIIIe arr.), France, 6 juin 1925, inv. A 45 405. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, le jardin Moser, Jardin du pavillon Morancé-Corcellet, Cours-la-Reine."

Autochrome d'Auguste Léon, Paris (VIIIe arr.), France, 6 juin 1925, inv. A 45 406 S. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition des arts décoratifs, l'entrée place de la Concorde.", Paris (VIIIe arr.), France, 10 juin 1925.

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 45 416 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

L’Exposition coloniale internationale de 1931, vouée à montrer le bien-fondé du colonialisme et le rôle civilisateur de la France, connaît un immense succès avec plus de 8 millions de visiteurs venus faire le « tour du monde en un jour ».  

On construit à l’est de Paris, dans le bois de Vincennes, un ensemble de monuments représentatifs des colonies françaises et pays sous protectorat français, ainsi que des pays étrangers et leurs colonies.

Restaurants, musées, aquariums, bureaux de postes, de nombreuses attractions et autres services prennent place au cœur des bâtiments à l’architecture factice, recréant un monde aux allures parodiques.

L’Exposition universelle de 1937, dernière exposition d’une telle ampleur organisée à Paris, cristallise les tensions géopolitiques du moment, en voyant s’affronter avec démesure les pavillons de deux grandes puissances, l’Union soviétique et l’Allemagne nazie, semblant se défier dans une tension architecturale évidente.

Les prises de vues réalisées à cette occasion ne sont plus des autochromes, plaques en verre lourdes et fragiles, mais des filmcolors, supports de photographie couleur souples en nitrate de cellulose. C’est Georges Chevalier, opérateur emblématique des Archives de la Planète employé par le département suite à la ruine d’Albert Kahn en 1936, qui est l’auteur de ces images uniques.

 

 

 

Paris sous les bombes


Paris sous les bombes (mars 2015)

Les opérateurs recrutés par Albert Kahn pour réaliser ses Archives de la Planète ont immortalisé les grands bouleversements induits par la guerre en  filmant et photographiant les différents aspects de la société touchés par le conflit.

Toutes les facettes de la réalité doivent être saisies : au delà du reportage, il s’agit d’une mission d’étude documentaire méthodique. Le conflit militaire n’est pas le sujet d’attention, il faut avant tout s’intéresser aux conséquences de celui-ci sur la terre et les hommes ; ses effets sur la société, durables ou non, sont à fixer pour la postérité.

A partir de 1917, une importante collection d’autochromes et films sur les conséquences de la guerre à l’arrière, notamment à Paris, est constituée par les opérateurs d’Albert Kahn.

La station de métro Parmentier servant de refuge, avenue Parmentier.

Paris (XIe arr.), France, 27 juin 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 383 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Plaque "avenue de l'Alma", actuelle avenue Georges-V et soupirail fermé contre les bombardements.

Paris (VIIIe arr.), France, 12 juillet 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 457). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

L'arc de Triomphe du Carrousel du Louvre protégé contre les bombardements.

Paris (Ier arr.), France, 25 juillet 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 533). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Affiches des Théâtres. Paris, France, 6 août 1918.

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 674 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Portails de Notre-Dame de Paris protégée contre les bombardements.

Paris (IVe arr.), France, 3 ou 10 octobre 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 694). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Vitrines de magasin protégées contre les bombardements au 1 rue Saint-Bon"

Paris (IVe arr.), France, 2 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 13 983). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

La porte Saint-Denis protégée contre les bombardements boulevard de Bonne-Nouvelle.

Paris (Xe arr.), France, 2 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 13 990). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Vitrines du magasin Au nain bleu protégées contre les bombarderments rue Saint-Honoré et Richepance (devenue la rue du Chevalier-de-St-Georges).

Paris (Ier-VIIIe arr.), France, 3 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 005 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le rez-de-chaussée du lycée Fénelon protégé contre les bombardements, rue de l'Éperon.

Paris (VIe arr.), France, 10 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 028). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Vitrines du Grand Bazar protégées contre les bombardements, au niveau du numéro 136 rue de Rennes à l'angle de la rue Blaise-Desgoffe.

Paris (VIe arr.), France, 10 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 037 S). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Triomphe de la République protégé contre les bombardements place de la Nation.

Paris (XIe-XIIe arr.), France, 14 mai 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 042). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Grand Cinema Plaisir au 95 rue de la Roquette, Paris (XIe arr.), France, 14 mai 1918..

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 056). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Hôpital russe à l'hôtel Carlton au 119 avenue des Champs-Elysées.

Paris (IVe arr.), France, 3 ou 10 octobre 1918. Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 694). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Devanture du cinéma du Panthéon, 13 rue Victor-Cousin. Paris (Ve arr.), France, 25 octobre 1918.

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 14 988). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

En plus des protections anti-bombardements sur les grands monuments étayés de bois, des sculptures recouvertes de sacs de sable, des vitrines renforcées de papier gommé, des hôpitaux auxiliaires et autres administrations propres à la guerre, les opérateurs fixent l’image des affiches placardées, des façades décorées en soutien à la nation, le décorum urbain du patriotisme. Au delà des métamorphoses physiques de la ville, les images témoignent de l’étonnante vivacité de l’activité parisienne.

Aux immeubles fermés  répondent les vues de rues grouillantes et les travellings des trottoirs animés par les badauds faisant les soldes, le fourmillement de la place de l’Opéra et l’effervescence des transports. Certains thèmes sont sujets à série comme les façades de cinéma qui sont aussi bien représentées en autochromes pour leurs devantures colorées d’affiches que dans les films de foules se pressant à l’entrée des salles. Les divertissements n’ont jamais été aussi nécessaires, on ressent le besoin de se griser, de s'évader à l'extrême.

Les films issus des Archives de la Planète montrent cette effervescence tandis que les autochromes fixent l’image d’une ville à couvert, nous permettant de comprendre encore aujourd’hui l’ambivalence de la vie civile en temps de guerre.


Costumes de face et de dos (février 2015)

Cette thématique s’inscrit dans le prolongement de l’intérêt pour les typologies de costumes qui apparaît de manière évidente dans les Archives de la Planète. La technique autochrome, qui venait de faire son apparition où Albert Kahn décide de l’utiliser de manière systématique pour son projet d’inventaire du monde, a ceci d’extraordinaire à l’époque qu’elle permet de rendre compte des couleurs, notamment des couleurs chatoyantes des costumes divers que les opérateurs rencontre. En revanche, ses contraintes techniques impliquent un temps de pause long (de l’ordre d’une dizaine de secondes), faute de quoi les personnes représentées apparaissent floues. C’est sans doute pourquoi ce type de cliché de personnages posant en costume constitue une sorte de trait distinctif de nos collections.

Mais au-delà de l’aspect formel des clichés, on peut y voir un propos d’ordre plus scientifique, lié au souhait de Jean Brunhes, le directeur scientifique du projet, de promouvoir la géographie humaine. L’étude des costumes participe selon lui d’une telle discipline. Il convient donc de lui donner un aspect systématique, avec l’étude de ceux-ci de face et de dos.

« Type de paysan turc avec son manteau servant de besace », Environs d'Antioche, Syrie [actuellement en Turquie].

Autochrome de Frédéric Gadmer, 26 octobre 1921 (inv. 30009). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une albanaise catholique de la ville", Shköder, Albanie, 21 octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2905). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une albanaise catholique de la ville", Shköder, Albanie, 21 octobre 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2906). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un Monténégrin de Cetinje devant ses b?ufs", Cetinje, Monténégro, 23 octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2921). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un Monténégrin de Cetinje vu de dos", Cetinje, Monténégro, 23 octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2922). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'ancien costume du Claddagh et trois attitudes traditionnelles", Galway, Irlande.

Autochrome de Marguerite Mespoulet,25 mai 1913, (inv. A 3640) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

« L'ancien costume du Claddagh et trois attitudes traditionnelles », Galway, Irlande.

Autochrome de Marguerite Mespoulet,25 mai 1913, (inv. A 3641) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La grande avec costume tout-à-fait gallego (galicien) et la petite de la montagne", de Santiago à Padron, Espagne.

Autochrome de Georges Chevalier, 20 mai 1917 (inv. A 10787). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Encore les mêmes : vue de dos", de Santiago à Padron, Espagne, 20 mai 1917.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 10789). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

« Type de paysan turc avec son manteau servant de besace », Environs d'Antioche, Syrie [actuellement en Turquie].

Autochrome de Frédéric Gadmer, 26 octobre 1921 (inv. 30008). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un paysan de Kastri en costume (au moins 1m80)", Kastri, Grèce, octobre 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 1 404). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le même assis de 3/4", Kastri, Grèce, octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 1 405). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Trois femmes juives de Thessalonique avec le tablier dans la poche", Thessalonique, Grèce, 14 mai 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2002). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Trois femmes juives de Thessalonique : la coiffure vue de dos, le perroquet, la coffia", Thessalonique, Grèce.

Autochrome d?Auguste Léon, 14 mai 1913 (inv. A 2003). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

A052935

"Type de femme Guèbre - Vieux Costume dit "Sabzé Naghsh" : la même de dos", Téhéran, Perse (Iran).

Autochrome de Frédéric Gadmer, 15 août 1927 (inv. A 52939). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Coiffure de femme Mina (derrière)", Porto-Novo, Dahomey [actuel Bénin], 17 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 63210). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Coiffure de femme Mina (face)", Porto-Novo, Dahomey (actuel Bénin), 17 janvier 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 63211). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Madame Caudal en costume d'Auray", Port-Navalo, Morbihan, Bretagne, France, 23 avril 1924.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 41143). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Mme Caudal, costume vu de dos", Port-Navalo, Morbihan, Bretagne, France, 23 avril 1924.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 41144). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Costume ancien Bigoudin, costume de jeune marié", Penmarch, Finistère, Bretagne, 29 février 1920.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 20287). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Costume ancien Bigoudin (Mme Quillec) : le même vue de dos", Penmarch, Finistère, Bretagne, 29 février 1920.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 20289). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Ainsi, à propos de ses mission dans les Balkans, menées avec l’opérateur Auguste Léon en 1912-13, il écrit : « nous avons rapporté de la Péninsule des Balkans, de la Bosnie, de l'Herzégovine, de la Serbie, de l'Albanie, de la Macédoine, des types et des groupes de costumes dont les couleurs enregistrées par des plaques autochromes Lumière sont rigoureusement exactes. En beaucoup de cas, nous prenons les mêmes personnes de face et de dos la vue de face est toujours très incomplète et même trompeuse, car, pour les femmes notamment, des vêtements complémentaires tels qu'un tablier changent tout-à-fait la physionomie et cachent même la structure vraie du costume ». L’étude des cliché représentant des personnes en costume prises de face et de dos laisse apparaître que la plupart sont signés Auguste Léon. Mais d’autres opérateurs des Archives de la Planète prendront ce genre de clichés, que ce soit Marguerite Mespoulet en Irlande, Roger Dumas au Japon, Georges Chevalier en Bretagne ou encore Frédéric Gadmer dans le Sud-Tyrol, en Iran et au Bénin.


Les cavaliers (janvier 2015)

Comme pour les pêcheurs ou les bateaux, l'intérêt porté par les opérateurs pour les cavaliers est à situer à plusieurs niveaux. Ils témoignent tout d’abord de l’intérêt pour les modes de transports traditionnels, qui étaient en train d'être bouleversés à l'époque, que les Archives de la Planète avaient précisément l'intention d'inventorier avant leur disparition programmée, avec l’apparition des moyens de locomotion motorisés.

Ils relèvent également d’un intérêt pour les activités agricoles, d'élevage, qui connaissait, avec les débuts de la mécanisation, de prodigieux bouleversements : ainsi, les chevaux, qui, avec d’autres animaux, avaient pendant des millénaires aidés les hommes dans leur travail de labour, étaient en voie d’être remplacés par les tracteurs.

Les cavaliers mongols, photographiés par l'opérateur Stéphane Passet lors de sa mission de 1913 y sont surreprésentés. On peut y voir un intérêt plus général, explicité par Jean Brunhes, pour le mode de vie nomade.

"Un chef de village druze à cheval", Damas, Syrie, 9 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 29355). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Jeune enfant druze sur son bourriquot", Qanawat, Syrie, 14 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 29 566). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Michel Asrad, maronite libanais", environs de Beyrouth, Liban, 19 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer, inv. A 29 719. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Dame en promenade", Fès, Maroc, janvier 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 829). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Cavalier Mongol sur la route d'Ourga [Le Jalkhanz Kuthugtu Damdinbazar ?]", aux environs d'Ourga, Mongolie.

Autochrome de Stéphane Passet, 17 juillet 1913 (inv. A 3957). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Femme Mongole à Cheval ", Ourga, Mongolie, 23 juillet 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 3964). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Trois ânes montés", d'Astorga à Leon, Espagne, 24 mai 1917.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 10 876). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une laitière sur la route de Saint-Pierre-du-Mont", Saint-Pierre-du-Mont, Calvados, Normandie, France.

Autochrome de Roger Dumas, 16 mai 1921 (inv. A 26411). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Cowboy à cheval", Rocky ranch, Canada, 11 mai 1926.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 49036). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Type de Cowboy", Rocky ranch, Canada, 11 mai 1926.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 49038). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Deux cowgirls", Calgary, Canada, 14 mai 1926.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 49 071). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Cavalier mongol", Environs de Kalgan, Chine, 18-21 juillet 1912.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 764). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine


Photos de groupe (décembre 2014)

On retrouve dans les Archives de la Planète d'innombrables autochromes représentant des groupes de personnes prenant la pose pour les opérateurs envoyés sur le terrain par Albert Kahn. La très vastes majorité des clichés de ces archives où figurent des êtres humains sont de portraits posés, individuels ou en groupe. Cela peut sembler étonnant à premier vue, dans la mesure où Jean Brunhes, le directeur scientifique du projet met sans cesse l'accent, dans les consignes qu'il donne aux opérateurs, sur la nécessité de représenter les personnes photographiées au plus près de leur réalité quotidienne. Toutefois, il faut se rappeler que la technique de l'autochrome choisie par Albert Kahn pour son projet avait l'avantage immense de la couleur, mais que le revers de la médaille était un temps de pose très long, de l'ordre d'une quinzaine de secondes, sans quoi même le mouvement le plus infime rendait les personnages invariablement flous. Nos collections comptent d'ailleurs un grand nombre de clichés, rarement montrés, dont tous les personnages sont flous. C'est particulièrement le cas pour les quelques rituels religieux photographiés, telle la Fête-Dieu d’Auray (Morbihan), photographiée en 1920. L'utilisation concomitante du film dans le projet des Archives de la Planète était d'ailleurs conçue en complémentarité avec l'autochrome, pour permettre justement de représenter les scènes en mouvement, en particulier les rituels religieux.

"Jeu d'échecs vivants : groupe de femmes figurant les pions", Tonkin, Indochine (Vietnam).

Autochrome de Léon Busy, 1918 (inv. A 10395). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de femmes", Meknès, Maroc, 3 juillet 1926.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 49929). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe - tenue de samouraï", Nikkô, Japon, 17 octobre 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56314). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Gardes du Fort, ancien costumes", Agra, Inde, 1927-28.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 59072). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de quatre femmes en costume de l'île", Marken, Pays-Bas, 1 septembre 1929.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 61918). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Des villageoises d'ethnie badak devant une habitation", Environs nord-est de Siem Reap, Cambodge, Indochine.

Autochrome de Léon Busy,1918-1921 (inv. A 69002). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Danseuses et musiciens de la tribu des Ouled Naïl"", Bou Saada, Algérie, 1909.

Autochrome de Jules Gervais-Courtellemont (inv. A 83). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Huit Albanais", Ohrid, Macédoine, mai 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2097). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Bulgares du Village de Mandjovo", environs de Melnik, Bulgarie.

Autochrome de Stéphane Passet, 21 septembre 1913 (inv. A 3906). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de personnes posant devant les arcades", Dieppe, Seine-Maritime, Normandie, France.

Autochrome de Georges Chevalier, 12 septembre 1920 (inv. A 72379). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"Prêtres arméniens catholiques devant leur chapelle", Angora (Ankara), Turquie.

Autochrome de Frédéric Gadmer, 25 décembre 1922 (inv. A 36996). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe d'enfants et de soldats italiens", Vicence, Italie, 10 juin 1918.

Autochrome de Fernand Cuville (inv. 19404). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"L'Exposition Coloniale Internationale de 1931 : Quatre types Dahoméens d'Abomey", Bois de Vincennes, Paris, France.

Autochrome de Frédéric Gadmer, 10 octobre 1931 (inv. 66100). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La Procession au reposoir de la Place de la Mairie", Auray, Morbihan, Bretagne, France.

Autochrome de Georges Chevalier, 13 juin 1920 (inv. A 21814). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe divers. Tous ces personnages sont nés à Penmarc'h ", Penmarch, Finistère, Bretagne, France.

Autochrome de Georges Chevalier, 29 février 1920 (inv. A 20298). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Parmi les rares écrits officiels de Jean Brunhes sur les Archives de la Planète, dont un article paru en 1913, figure la thématique des photos de groupe: " je voudrais enfin attirer l'attention des ethnographes et des géographes sur l'importance à la fois géographique et ethnographique de ce qu'on pourrait appeler les petites foules, c'est-à-dire les groupes humains variant de cinq à quinze personnes et se trouvant représenter une forme de vie collective naturelle : hommes causant ensemble dans la rue, hommes en prières, hommes assis pour manger ou pour jouer, hommes traitant un marché dans une foire, etc.". Cette thématique reflète aussi la tension permanente qui allait animer ce projet, entre Albert Kahn, qui souhaitait que la dimension ethnographique soit centrale dans le projet, et le directeur scientifique qu'il allait nommer, Jean Brunhes, dont les centre d'intérêt vont, et c'est logique, plus vers la géographie. Ce type de clichés, au caractère à la fois ethnographique et géographique, est donc particulièrement représentatif de ce projet d'archives si singulier.


Les sites archéologiques (oct/nov 2014)

Les Archives de la Planète sont riches de milliers de plaques autochromes relatives à des sites archéologiques en Europe, en Afrique du Nord au Proche et au Moyen-Orient. Il s’agit probablement, avec les couchers de soleil et les rues, de l’une des thématiques les plus importantes en termes numériques présentes dans nos collections.  Tous les sites grecs, italiens et égyptiens y sont représentés, mais également les sites archéologiques d’Afrique du Nord (Volubilis, …), de Syrie (Palmyre), d’Irak (Babylone) et d’Iran (Persépolis).

"Soleil levant sur le Decumanus Maximus", Timgad, Algérie.

Autochrome de Frédéric Gadmer, août 1929 (inv. A 61763). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Ensemble du Temple du Soleil au jour naissant", Palmyre, Syrie, 18 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 29705). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"L'arc de Trajan vu depuis le temple du Génie de la colonie", Timgad, Algérie.

Autochrome de Jules Gervais-Courtellemont, 1909 (inv. A 43). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Les arènes de Lutèce", Paris (Ve arr.), France, 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 174). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"L'ensemble du Parthénon éclairé au soleil couchant", Athènes, Grèce.

Autochrome d'Auguste Léon, octobre 1913 (inv. A 2766). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Les propylées", Cnossos, Grèce, juin 1927.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 51836). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Palais de Xerxès - Escalier d'Artaxerxès III", Persépolis, Perse (Iran), 14 septembre 1927.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 53317). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"Le tombeau de Cyrus-ouest", Pasargades, Perse (Iran), 13 septembre 1927.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 53244). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Sphinx de 3/4, deux petites pyramides au fond", Le Caire, Egypte.

Autochrome d'Auguste Léon, 6 février 1914 (inv. A 3520). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine.

"Pylône et Colosses de Hatsheptsout", Karnak, Egypte, 12 janvier 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 3125). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Porte d'Ishtar, bas reliefs en brique, paroi nord-ouest, autre détail", Babylone, Irak.

Autochrome de Frédéric Gadmer, 16 avril 1927 (inv. A 53888). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Maison dei Amori Dorati", Pompéi, Italie, 28 mars 1921.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 25797). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Forum vu depuis l'Arc de Constantin", Rome, Italie, 11 mars 1921.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 25644). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Colisée, vue d'ensemble", Rome, Italie, août 1918,

Autochrome de Fernand Cuville (inv. A 19632). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La table des marchands vue de l'extérieur", Environs de Locmariaquer, Morbihan, Bretagne, France.

Autochrome de Georges Chevalier, 21 avril 1924 (inv. A 41106). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une partie des alignement de Ménec ", Carnac, Morbihan, Bretagne, France.,

Autochrome de Georges Chevalier, 14 juin 1920 (inv. A 21837). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Il est intéressant de constater que ces clichés sont l ‘œuvre de seulement deux opérateurs : Auguste Léon pour les sites européens et l’Egypte, et Frédéric Gadmer pour les autres sites. L’intérêt pour les grands sites archéologiques (singulièrement en Egypte) occupe une place particulière dans l’histoire de la photographie, dès le XIXe siècle. Ces grands sites occupent une place de choix dans les consignes données aux opérateurs des Archives de la Planète, invités à représenter les grands monuments et sites des lieux qu’ils représentent. On est ici dans le registre du voyage déjà évoqué, ce qui semble faire sens dans la mesure où les opérateurs n’avaient qu’une connaissance sommaire des pays qu’ils visitaient, aidés par des guides de voyage tels les guides Baedeker. Ces sites étaient donc incontournables pour les opérateurs, mais également lors des projections boulonnaises qu’Albert Kahn offrait à ses invités. Un examen des registres de projection de l’époque laisse apparaître la place importante que ces sites y occupent. Ils sont même parfois le thème même des projections.

Cette thématique correspond plus aux centres d’intérêt d’Albert Kahn que de Jean Brunhes, qui d’ailleurs, après avoir accompagné Auguste Léon lors des missions en Italie et en Grèce en 1912-13, laisse celui-ci partir seul pour la mission de 1914 en Egypte, qui fait la part belle aux sites archéologiques.

Les clichés de Frédéric Gadmer relatifs aux sites archéologiques attirent l’attention par leur quantité, qui donne le tournis : certains sites, tels Persépolis ou Djemila en Algérie, sont représentés sur des centaines et des centaines de clichés, sans que l’on comprenne vraiment toujours l’intention du photographe, si ce n’est qu’on semble être dans une démarche d’accumulation.

 


Les bateaux (septembre 2014)

Le fonds des Archives de la Planète est riche de centaines de clichés représentant des bateaux de toutes sortes, du paquebot à la modeste barque de bois, du canot de régate à la péniche de transport de marchandises, de la gondole vénitienne au sampan asiatique. Nombre de ces clichés représentent en toile de fond des ports, dont on perçoit les caractéristiques dans les années 1910 et 1920: le Havre, Londres, Thessalonique, Alger, Beyrouth ou Naples. Il s’agit à la fois de bateaux relatifs à la circulation maritime (ou océanique) et fluviale, de bateaux de transport de personnes ou de transport de fret, de voiliers et de bateaux à moteur. Il est à noter que la thématique de la navigation fluviale sur la Seine a fait l’objet d’une exposition, « La navigation de Seine à travers la collection Albert Kahn », au Musée de l’Ancien Havre en 1989 et au Musée de la Marine de la Seine de Caudebec-en –Caux en 1990.

" Le port et les quais ", Alger, Algérie, 23 juin 1929.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 60915). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La plage", Scheveningue, La Haye, Pays-Bas, 25 août 1929.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 61973). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Aspect de la Cherwell pendant les régates ", Oxford, Angleterre, mai 1924.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 42841). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Les docks vus du pont de Londres, au fond le Tower Bridge ", Londres, Angleterre, juin 1924.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 43272). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Les quais du Fleuve Rouge, Chaloupe chinoise au soleil couchant ", Hà-nôi, Tonkin, Indochine (Vietnam).

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7333), septembre-novembre 1915. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Canal St Martin", Paris (Xe arr.), France, 26 juin 1918.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 14378). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Le Lotus, courrier de France, dans le port ", Beyrouth, Liban, 29 novembre 1919.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 19794). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Dans le port de Thessalonique ", Thessalonique, Grèce, 14 mai 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2014). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Détail de construction des curraghs (petites barques primitives) sur la Boyne", Oldbridge (?), Irlande.

Autochrome de Marguerite Mespoulet (inv. A 3708), juin 1913. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Dans le Cirque de la Surprise", Baie de Ha-long, Tonkin, Indochine, [Vietnam], avril 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 5598). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Le Quai de Southampton ", Le Havre, Seine-Maritime, Normandie, France, 8 septembre 1920.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 23659). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Bords du Nil à Louqsor ", Louqsor, Egypte, 13 janvier 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 3156). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La vedette Fleur d?Oranger", Locarno, Suisse, octobre 1925.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 47731). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Dans le port, la Providence, bateau français", Naples, Italie, 1 avril 1921.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 25871). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

" Eglise San Simeon Piccolo ", Venise, Italie, octobre 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 4011). © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un bateau voilier du Croisic à voile brune et un autre petit bateau ", Ile-aux-Moines, Morbihan, Bretagne, France.

Autochrome de Georges Chevalier (inv. A 41113), 22 avril 1924. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Port - Vues diverses", Concarneau, Finistère, Bretagne, France.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 60447), 14-21 juillet 1929. © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Cette thématique des bateaux présentée ici est très caractéristique de la géographie humaine que Jean Brunhes souhaite promouvoir. Elle s’inscrit dans la « géographie générale de la circulation » qui constitue un chapitre de son ouvrage en trois tomes « la géographie humaine ». Cette question s’imbrique avec des considérations d’ordre économique, sur le transport des matières premières. Jean Brunhes y souligne l’importance de la prise en compte de « petits ports » : « mais si nous jugions avec exactitude de la circulation maritime sur le globe, nous verrions, à côté de toutes ces lignes régulières, la multitude, qui est à la lettre innombrable, des bateaux isolés, vagabonds, sauvages, de ces tramps, qui sont, pour le transport des marchandises, les concurrents de la navigation régulière ». Même si le projet des Archives de la Planète est bien distinct de l’enseignement et des publications de Jean Brunhes, on retrouve néanmoins l’intérêt du géographe pour les phénomènes ordinaires, moins visibles, moins « officiels », qui caractérise nos collections.

Le géographe insiste aussi sur l’importance de la circulation fluviale, qui se trouve prise selon lui entre « la double nécessité d’être étroitement liée à la circulation maritime (…) et d’avoir à sa disposition, dans l’intérieur, de bonnes gares d’eau auxquelles viennent se rattacher des lignes ferrées. Mais elle a pour elle l’incomparable avantage de son bon marché pour le transport en masse des matières lourdes ». On voit ici que ces propos s’inscrivent dans le questionnement plus général sur l’évolution prodigieuse que connaissent les modes de circulation à l’époque, avec l’essor du rail et les balbutiements de l’aviation et de l’automobile. Albert Kahn était très sensibles à ces innovations, et les Archives de la Planète témoignent de cette préoccupation pour un monde en train de basculer entre des moyens de transports anciens, et des modes de circulation modernes qui étaient en train de se généraliser dans l’entre-deux-guerres.


Paysages de voyage (été 2014)

Cette thématique illustre à quel point toute tentative de cerner le fonds des Archives de la Planète reste un défi. S’agit-il avant tout d’un projet scientifique, souhaité par Albert Kahn, et conçu par le géographe Jean Brunhes, destiné à des fins de connaissance ? Il semble que cette dimension scientifique se double d’une ambition plus esthétique, mais également d’un compte-rendu photographique de voyage. Dans la liste des plaques autochromes montrées aux invités du mécène lors des séances de projection qu’il organisait dans sa propriété boulonnaise, on retrouve avant tout les monuments célèbres, tels l’Acropole d’Athènes, le Colisée de Rome ou encore le Taj Mahal.

Il apparaît clairement que les ambitions scientifiques du projet coexistaient avec une recherche esthétique, en particulier lié à l’esthétique du voyage, ce qui n’est guère étonnant quand on sait qu’Albert Kahn a rencontré la technique autochrome lors de projections organisées par Jules Gervais-Courtellemont, photographe-voyageur, dont les clichés très esthétisants étaient présentés lors de projections intitulées « Visions d’Orient ».   Par ailleurs, Auguste Léon ou Georges Chevalier, par exemple, étaient photographes de cartes postales avant de rejoindre les Archives de la Planète en tant qu’opérateurs. Un nombre important des clichés qui constituent les Archives de la Planète relèvent donc des paysages de voyages, proches des cartes postales qui se généralisent à l’époque, comme celles éditées par la société des frères Neurdein, même si le fonds du mécène boulonnais se distingue fondamentalement de ce type de production en ce sens qu’il n’a aucune vocation commerciale.

"Massif central vu de l'un des bassins", Angkor, Cambodge, Indochine, 1921.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 35852S) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Palais Impérial de Shugakuin Rikyû : vues diverses du Jardin ", Kyôto, Japon, 1926-27.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56577) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Mont Fuji vu des lacs", Environs du village de Shôji, Japon, hiver 1926-1927.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56832) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un coin de la Villa (soleil couchant)", Cap Martin, France, janvier 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. C3) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Dernières lueurs du jour sur le petit Lac", Hà-nôi, Tonkin, Indochine (Vietnam), juin 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7251) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Palais Bourbon", Paris, France, juillet 1914.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 825) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Vue de la Fortezza Vecchia prise du bord de mer", Corfou, Grèce, 2 octobre 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2677) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Sur l'Acropole le Parthénon. Vue d'ensemble", Athènes, Grèce, octobre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2767) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Entrée du monastère", Vatopaidi, Mont Athos, Grèce, 9 septembre 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 3759) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le Taj-Mahal", Agra, Inde, 25-27 juillet 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 4252) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Intérieur de la cathédrale", Cordoue, Espagne, 19 juin-22 juin 1914.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 4483) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Rochers dans le Cirque", Annam, Baie de Ha-long, Tonkin, Indochine (Vietnam), avril 1915.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 5292) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Route de Mora à Leksand", Siljansnäs, Suède, 27 août 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 410) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La porte de la casbah des Cherarda" ,Fès, Maroc, janvier 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 825) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

A003023

"La mosquée de Sultan-Selim embrasée par les derniers rayons du soleil couchant", Edirne, Turquie, 7 novembre 1922.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 36543) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Les falaises des Roches Rouges vues du territoire Français", Vintimille, Italie, 11 avril 1921.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 25905) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Colisée (détail du grand mur)", Rome, Italie, août 1918.

Autochrome de Fernand Cuville (inv. A 19641) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Ile Saint Georges", Venise, Italie, 23 avril 1918.

Autochrome de Fernand Cuville (inv. A 19350) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Vieille église", près de Notodden, Norvège, 3 septembre 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 462) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

A021847

Cette thématique des paysages de voyage permet également d’aborder la question du déroulement concret des missions des opérateurs des Archives de la Planète. Ceux-ci ne passaient finalement sur le terrain que peu de temps. On pense qu’ils préparaient leur départ au moyen de guides de voyage, tels les guides Baedeker, très en vogue à l’époque. Il n’est donc guère surprenant de trouver dans nos collections un très grand nombre des monuments et sites « incontournables » de l’époque. Toutefois, et c’est là qu’apparaît le côté inclassable du projet, ce type de clichés ne semblait pas prioritaire par rapport à d’autres thématiques plus géographiques ou ethnographies, telles que définies par Jean Brunhes. Celui-ci déplorait notamment que « les opérateurs étaient habitués autrefois à faire surtout des cartes postales, des vues de choses assez exceptionnelles, alors que ce qui était important, c’était montrer la vie courante des habitants, leur activité, leur habitation ». Il serait cependant faux de croire que les consignes prodiguées aux opérateurs négligeaient ces grands monuments. En effet, figurent dans la liste : « Monuments, Palais, Monuments religieux ou équivalents ». Ces thématiques avaient donc une importance certaine, mais qui à l’époque était peut-être moins évidente aux yeux du géographe que l’habituel ou le vernaculaire. En revanche, il apparaît certain que ces images ont été beaucoup montrées aux visiteurs d’Albert Kahn, et qu’au cours du siècle qui s’est écoulé depuis qu’elles ont été prises, elles ont sans doute été plus montrées que d’autres clichés à caractère plus nettement plus géographique.


Figures du religieux (juin 2014)

Le thème des religions est abondamment représenté dans le fonds des Archives de la Planète. Il compte de très nombreux lieux de culte, photographiés de l’extérieur et de l’intérieur, des photos et surtout de nombreux films représentant des rituels et cérémonies religieuses, des cimetières photographiés aux quatre coins du globe, et enfin des portraits in situ de personnages religieux, qui sont présentés ce mois-ci dans la rubrique « la thématique du mois ».

Dans le thesaurus des thématiques données aux opérateurs des Archives de la Planète avant leur départ en mission, apparait le point « monuments religieux ou équivalents » pour la photographie. La rubrique « cinéma » est beaucoup plus fournie en thématiques religieuses : « cérémonies religieuses », « prière individuelle et collective», « processions », « enterrements, baptêmes ou équivalent, mariages, fiançailles, danses et cérémonies diverses ». Les opérateurs Stéphane Passet et Frédéric Gadmer, qui maîtrisaient les deux techniques (autochrome et cinéma) ont ramené des images fixes et animées de cérémonies religieuses, telle cette prière en Inde actuellement présentée dans nos galeries d’exposition, dans l’exposition « A la recherche d’Albert Kahn ».

"Un évêque invité par Albert Kahn", Cap-Martin, France, février 1926.

Autochrome de Camille Sauvageot (inv. C861S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Officiant au temple jaïn Hathi Singh", 20 décembre 1913, Ahmadabad, Inde.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 4177)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de Brahmanes et sadhus", Bombay, Inde, 19 décembre 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 4370S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de grands Mandarins en tenue de Sacrifice", Hà-nôi, Tonkin, Vietnam, septembre-novembre 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7253S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Le père Arthemios, sous-diacre", Chilandar, Mont Athos, Grèce, septembre 1918.

Autochrome de Fernand Cuville (inv. A 16569)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Portrait de Monseigneur Domani, Evêque Catholique [Maronite]", Tripoli, Liban, 2 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 29174S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Bonzes en pèlerinage", Angkor, Cambodge, 1921.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 35948)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un druide [religieux] Bektashi", Environs de Thessalonique, Grèce, 15 mai 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2018)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un vieil Israëlite, chef de la confrérie des morts", Monastir (Bitola), Macédoine, mai 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2051)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe de Moines", Docheiariou, Mont Athos, Grèce, 13 septembre 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 3813)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un lama", Ourga, Mongolie, 23 juillet 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 3963)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Féticheuse Iyalashé de Doudoua", Daagbé, Dahomey (actuel Bénin), Afrique, 2 février 1930.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 63362)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Lama officiant", Pekin, Chine, 26 mai 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 3995)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Portrait de Kiliddar de Nedjef", Nedjef, Irak, 19 avril 1927.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 53981)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"La Grande Troménie - Reposoir St Théleau", Locronan, Finistère, Bretagne, France, 14-21 juillet 1929.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 60396)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Les personnages religieux sont donc à mettre en lien avec le très net intérêt pour la thématique religieuse du projet des Archives de la Planète, mais également avec l’intérêt de Jean Brunhes, géographe et directeur scientifique du projet, pour la diversité ethnique et religieuse, représentée dans son cadre le plus quotidien. Comme l’évoque sa fille Mariel Jean Brunhes Delamarre, « certes il ne fallait pas négliger l’œuvre des hommes, sous forme d’art, de monuments civils ou religieux ; mais plus encore que l’exceptionnel, ce qui devait capter l’attention des opérateurs, c’était essentiellement le type courant, le quotidien, l’homme dans son cadre de vie »…. On retrouve dans cette série de portraits une approche très œcuménique de la religion: sont représentés les trois monothéismes (Christianisme, Islam, Judaïsme), avec un intérêt marqué, dans les pays des Balkans, pour l’Orthodoxie, comme en témoignent les nombreux portraits pris au Mont Athos. La préoccupation pour la diversité ethnique et religieuse dans les Balkans et au Moyen-Orient est perceptible dans le portrait d’un religieux Bektashi (mouvement mystique au sein de l’Islam balkanique), dans celui du chef de la confrérie des morts de la communauté juive de Bitola (Monastir), en Macédoine, ou encore celui de Monseigneur Domani, évêque maronite (catholique uni à Rome) au Liban. En Asie, le bouddhisme et l’hindouisme sont largement représentés, par des portraits de lamas, de bonzes, de brahmanes et de sâdhus. Enfin, en Afrique, lors de la dernière mission des Archives de la Planète, en 1930, on peut percevoir une approche plus ethnologique de la religion, avec le portrait d’une femme féticheuse de Daagbé.

Enfances (avril 2014)


Enfances (avril 2014)

La thématique de l’enfance a été sélectionnée à l’occasion des rendez-vous aux jardins, dont l’édition 2014, qui aura lieu les 31 mai et 1er juin, a pour thème « l’enfant au jardin ».

Contrairement aux thématiques présentées jusqu’à présent, l’enfance ne constitue pas un sujet en tant que tel pour les opérateurs des Archives de la Planète. On trouve des portraits d’enfants dont le costume présente un intérêt particulier pour les opérateurs, comme l’autochrome représentant la petite fille suédoise en robe rouge, dont la légende d’époque est « costume du pays ». Ce type de clichés est à mettre en rapport avec l’intérêt pour les costumes populaires colorés, déjà évoqué dans cette rubrique, au mois de février. Le petit derviche tourneur représenté devant un Téké (lieu de culte) de Bursa en Turquie relève quant à lui des consignes relatives à la thématique religieuse, en particulier des personnages religieux, qui feront l’objet de la présentation du mois prochain.

"Costumes du pays", Leksand, Suède, 28 août 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 418)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une petite Turque et un Chrétien", Mostar, Bosnie-Herzégovine, 19 octobre 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 1546)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un petit derviche tourneur à l'intérieur du Téké", Bursa, Turquie, 3 juin 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2226)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Gamine portant un enfant", Tonkin (Vietnam), 1914-1915.

Autochrome Léon Busy (inv. A 5181)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Fillette d'Elephantine", Assouan, Egypte, 19 janvier 1914.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 3271)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Mr François Neburget", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 12 décembre 1917.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 12817)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Enfants de Keishiro Matsui", Propriété d'Albert Kahn, Boulogne, France, 12 juillet 1917.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 10596) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Petits enfants Turcs", Çorlu, Turquie, 3 novembre 1922.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 36416) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Intérieur d'une cour - Corte Nuova", Venise, Italie, octobre 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 4030) © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

On retrouve également des autochromes représentant des enfants dans des séries consacrées aux types ethniques, sujet très cher à Jean Brunhes, directeur scientifique des Archives de la Planète, qui portait une attention particulière, dans les thématiques prioritaires données aux opérateurs d‘Albert Kahn, à la représentation de « petites foules » illustrant la diversité ethnique, singulièrement dans les Balkans : « parmi ces « petites foules», on doit saisir deux sortes principales : celles qui sont homogènes et qui sont par là des expressions typiques d'un groupe ethnique, et celles qui sont hétérogènes ». Les enfants arméniens photographiés à Istanbul en 1912 relèvent de la première catégorie. Ce cliché a d’autant plus d’intérêt qu’il a été pris trois ans à peine avant le génocide arménien, qui allait faire disparaître toute la population arménienne de l’Empire Ottoman. Le petit garçon et la petite fille photographiés à Mostar en 1912 relèvent de la deuxième catégorie, puisque la légende d’époque indique « Une petite Turque et un Chrétien ». L’examen des légendes d’inventaire que nous possédons est à cet égard particulièrement utile. En l’absence d’autres formes de documentation relative à notre fonds d’image, disparue au moment de la ruine d’Albert Kahn et de la vente de tous ses biens, les informations contenues dans les légendes d’époque, recopiées dans de grands registres que nous conservons au Musée, nous permettent d’en savoir plus sur ce que cherchaient les opérateurs lorsqu’ils prenaient tel ou tel cliché. Ainsi, on voit que dans le cas suédois, c’est le costume qui est mis en avant, alors que dans le cas de la Bosnie ou de la Turquie, c’est l’intérêt pour les types ethniques qui prime.

Notre collection compte aussi plusieurs milliers de portraits pris à Boulogne, représentant les très nombreux invités qu’Albert Kahn recevait dans sa propriété. Parmi ces portraits, on retrouve un certain nombre de portraits d’enfants, fils ou filles de ces invités, tels les enfants de l’ambassadeur du Japon en 1917, M. Keishiro Matsui ou le jeune François Neburget, dont la mère est représentée sur l’autochrome précédent, portant le numéro d’inventaire A 12814, en décembre 1917. 

Marchands et échoppes (avril 2014)


Marchands et échoppes (avril 2014)

On trouve dans les Archives de la Planète (ADLP) de nombreux clichés représentant des boutiques et échoppes diverses (alimentation, jouets, souvenirs), où très souvent le vendeur prend la pose à côté de son étal, ainsi que des marchands ambulants. Comme pour les costumes déjà présentés, on peut aisément comprendre l’intérêt que les opérateurs ont eu pour ces devantures colorées, que la technique de l’autochrome permettait de rendre dans toute la variété de leurs nuances.

Les consignes de Jean Brunhes, directeur scientifique du projet, étaient limpides à ce sujet, qui figurait parmi les thématiques à ne pas manquer. Il faut dire que ces marchands et boutiques illustraient parfaitement le projet des ADLP, dont l’un des buts principaux était d’établir, à destination des générations futures, « un dossier de l'humanité prise en pleine vie, au commencement du XXe siècle, à l'heure critique de l'une des  « mues» économiques, géographiques et historiques les plus complètes qu’on ait jamais pu constater ». Le géographe insistait donc beaucoup sur la nécessité de représenter les gens dans leur vie quotidienne, banale, avec la conscience que bon nombre de ces petits métiers allaient bientôt disparaître. Il portait un intérêt particulier à la thématique des foires et colportages, qui font l’objet d’un sous-chapitre de ses ouvrages de référence en trois volumes,  La géographie humaine. Comme le rappelait sa fille, Mariel Jean-Brunhes Delamarre, interrogée au sujet des missions ADLP, « il y avait les marchés…c’était un des choses qui intéressait beaucoup mon père ».  Cette thématique typique de la géographie humaine, dont il était l’un des promoteurs occupe donc une place de choix dans nos collections.

Un tel intérêt pour les petits métiers est à rapprocher d’autres projets photographiques, dont deux qui sont presque contemporains des ADLP: le travail d’Eugène Atget sur les petits métiers à Paris à la fin du 19e siècle, et celui qu’August Sander va développer en Allemagne dans les années 1920, constitué de portraits des « hommes du XXe siècle », dont beaucoup sont centrés sur différents métiers de l’époque.

"Boutiques, jouets en fer blanc, un étalage complet", Vietnam, Hà-nôi, septembre 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7377)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Rue Notre Dame des Champs (numéros 8 et 10 de la rue du Montparnasse)", Paris, France, 22 juillet 1914.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 13820)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une marchande de fleurs, en face du 53 rue Cambon", Paris, France, 25 juin 1918.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 14361)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un marchand de fruits", Syrie, Damas, 11 octobre 1921.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 29437)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Marchand de pains au marché", Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, 15 octobre 1912.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 1492)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Marchand de légumes à l'entrée du pont", Mostar, Bosnie-Herzégovine, 20 octobre 1912.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 1566)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Vendeur de limonade turc", Thessalonique, Grèce, 20 mai 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 1981)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Une boutique de confiseur", Bursa, Turquie, 3 juin 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2282)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Groupe d'hommes et d'enfants devant la boutique d'un barbier-coiffeur", Colombo, Ceylan [Sri Lanka], 22 juillet 1914.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 5083)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Marchand de Poteries", Tunis, Tunisie, 1910 ?.

Autochrome de Jules Gervais-Courtellemont (inv. A 30)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Repasseur, place Royale", Reims, France, 17 mars 1917.

Autochrome de Paul Castelnau (inv. A 11378)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

"Un magasin de Faïences, imitation de della Robia", Florence, Italie, 19 septembre 1913.

Autochrome d?Auguste Léon (inv. A 2518)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Les ponts (mars 2014)


Les ponts (mars 2014)

Le fonds des Archives de la Planète (ADLP) compte plusieurs centaines de ponts photographiés et filmés aux quatre coins du monde : des ponts les plus célèbres et majestueux, tels le Ponte Vecchio de Florence ou le Tower Bridge de Londres, aux ponts les plus simples, tels le pont en bois suédois de environs de Borlänge ou le vieux pont marocain de la région de Fès, photographiés tous les deux en 1913.

L’intérêt des opérateurs d’Albert Kahn pour les ponts s’inscrit dans le prolongement des consignes que Jean Brunhes, géographe et directeur scientifique des ADLP, leur prodiguait avant leur départ en mission. Les ponts relèvent de la catégorie de ce que le géographe qualifiait de « faits d’occupation improductive du sol », comprenant maisons, chemins et routes. Les ponts avaient en outre ceci de particulier que certains étaient de véritables monuments, ce qui correspondait à une autre consigne faite aux opérateurs, celle de photographier les sites et monuments les plus dignes d’intérêt. De plus, les ponts se situent à l’intersection entre des faits relevant de l’activité humaine (les routes) et de faits relevant de la géographie physique (les fleuves et rivières). Ils constituent dès lors une thématique particulièrement évidente pour les opérateurs, ce qui explique sans doute leur nombre très important dans nos collections. Une telle démarche permit à Jean Brunhes de développer un propos comparatiste et des analogies formelles, qui se retrouvent par exemple dans l’intérêt pour les ponts habités, présents en des régions pourtant très éloignées l’une de l’autre.

Vieux pont et bords de la Neretva, Mostar, Bosnie-Herzégovine, 19 octobre 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 1531)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le vieux pont bâti vu de l'amont, Bursa, Turquie, 3 juin 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2274)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

La Tamise et le Tower Bridge, Londres, Angleterre, 3 septembre 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2437)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Les quais du Fleuve Rouge, le Pont Doumer, Hà-nôi, Tonkin, Indochine [Vietnam], septembre-novembre 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7322)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Derniers rayons du soleil sur le Pont Doumer, Hà-nôi, Tonkin, Indochine [Vietnam], septembre-novembre 1915.

Autochrome de Léon Busy (inv. A 7334)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Pont Sacré (Shinkyo), Nikkô, Japon, Printemps 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 55519S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Palais Impérial de Singakuin, vues diverses du Jardin, Kyôto, Japon, automne 1926.

Autochrome de Roger Dumas (inv. A 56573)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le pont flottant sur le Dalälven près de Leksand, Nyckelby, environs de Borlange, Suède, 27 août 1910.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 413)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

La seine 1912 vue du quai des Grands Augustins, en amont du Pont-Neuf, Paris, France, 1912.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 172)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Porte de Bab el Djadid et l'oued Fez, Fès, Maroc, janvier 1913.

Autochrome de Stéphane Passet (inv. A 828)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Panorama sur la ville et le grand pont, Mossoul, Irak, 3 mai 1927.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 54094)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Ponte Vecchio, vu de l'amont et d'ensemble, Florence, Italie, 19 septembre 1913.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 2512)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

La crue de la Seine à la passerelle Debilly, Paris, France, 4 janvier 1924.

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A 40412S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Le Quai du Louvre, Paris, France, 19 mars 1920.

Autochrome d'Auguste Léon (inv. A 20550S)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

L’intérêt pour les ponts s’inscrivait également dans une description plus générale de certaines villes, telles Mostar, en Bosnie-Herzégovine, qui fit l’objet  en 1912 d’une mission conjointe de Jean Brunhes et d’Auguste Léon, opérateur photographique. Le Vieux Pont de Mostar, pont d’architecture ottomane datant du 16e siècle, occupe une place particulière dans nos collections. Jean Brunhes y consacra un développement important lors de son cours de 1913 au Collège de France : « là aussi se trouve le vieux pont turc si magnifique, cet arc, cette courbe que vous avez admirée dans des représentations que j’ai fait dessiner sur l’écran antérieurement ; le pont se trouve là en même temps que les autres éléments de fortification ». Il fut détruit à la dynamite le 9 novembre 1993, au cours de la guerre de Bosnie, par les forces croates du HVO. Il a été reconstruit à l'identique en 2004 avec de nombreuses pierres d'origine (notamment pour le revêtement), en s’inspirant de la technique ottomane d'époque. A cet effet, le Musée Albert Kahn a prêté à l’UNESCO une trentaine de représentations du pont et de la ville datant de 1912, afin d’apporter une aide documentaire aux architectes chargés de la réhabilitation du pont, ainsi que du centre-ville détruit.


Les costumes féminins (février 2014)

La collection d’autochromes des Archives de la Planète compte d’innombrables portraits d’hommes, de femmes et d’enfants, vêtus de costumes plus ou moins traditionnels. Parmi ceux-ci, les portraits de femme en costume attirent l’attention par la vivacité de leurs couleurs, que l’autochrome rend de manière si particulière.

Au delà de leur incontestable qualité esthétique (plusieurs des opérateurs auteurs de ces photographies, tel Auguste Léon, avaient une expérience antérieure de portraitiste), ces portraits de femmes et de leurs costumes témoignent également de l'intérêt pour la géographie humaine que défendait Jean Brunhes, le directeur scientifique du projet. Dans un article daté de 1913, où il aborde les liens entre géographie humaine et ethnographie, Jean Brunhes écrivait en effet : " nous croyons pouvoir apporter une aide précieuse aux recherches ethnographiques par une documentation vraiment moderne. Il est évident et certain que la photographie en couleurs peut fournir des pièces documentaires qui sont de premier ordre pour toutes les recherches sur les costumes ". C’est d’ailleurs ce qui sera fait par la suite à propos de nombreux de ces clichés.

En effet, les expositions organisées à partir des années 1980 autour des collections des Archives de la Planète proposeront des détails à caractère ethnographique de ces costumes qui, à l’époque, étaient déjà « folkorisés », c’est-à-dire ne correspondant plus à un usage actuel, mais relevant de traditions déjà disparues. Il est à souligner que dans une telle lecture ethnologique du vêtement, les femmes ont tendance à disparaître derrière l’habit : ainsi, par exemple, une plaque autochrome prise en Macédoine, dont la légende originale était « trois filles de Smilievo et la petite fille de la maison en costume plutôt citadin », fut plus tard légendée comme " costume populaire macédonien ".

Trois filles de Smiljevo et la petite fille de la maison en costume plutôt citadin, Macédoine, Monastir/Bitola.

Autochrome d'Auguste Léon, mai 1913 (inv. A002060)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Type de costume de femmes et de jeunes filles du pays, Italie, Sud-Tyrol, 26 août 1921

Autochrome de Frédéric Gadmer (inv. A028679)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Femmes indigènes : prêtresse du Culte des Trois mondes, Indochine, Tonkin, mai-juin 1916

Autochrome de Léon Busy (inv. A009889)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Femmes de la tribu des Ouled Naïl, Algérie, Bou Saada, 1909 ou 1910

Autochrome de Jules Gervais-Courtellemont (inv A. 0080)
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Femme en costume de ville, Belgrade, Serbie, 30 avril 1913

Autochrome d'Auguste Léon (inv.A 1 838).
© Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

Toutefois, il faut souligner ici que même à l’époque où les clichés ont été pris, tous les costumes n’étaient probablement pas portés au quotidien. Il semble certain que certaines de ces femmes aient sorti leurs plus beaux habits à l’occasion de la séance de pose avec l’opérateur.


Site Internet du conseil départemental des Hauts-de-Seine

albert-kahn.hauts-de-seine.fr est un site du conseil départemental des Hauts-de-Seine